Top 10 des meilleurs films de 2018

Bonjour à toutes et à tous !

Cette année, je suis allé voir 42 films au cinéma, ce qui représente donc moins d’un film par semaine, ce qui est ridicule comparé aux années précédentes… J’espère que vous êtes tout aussi déçus de moi que je ne le suis.

Bon, il faut bien l’avouer cependant, si je ne suis pas allé plus souvent au cinéma, ce n’est pas tellement par choix non plus. J’ai eu une année excessivement chargée en termes de travail, avec un certain nombre de tournages auxquels j’ai participé, mon école de cinéma, ma maison d’édition, mes écritures, ce blog et le retour de ma chaîne Youtube… je n’ai pas non plus chômé, j’ai une excuse valable. Et, de plus, aucun film que j’ai manqué ne m’a été chaudement recommandé par mon entourage, il y a bien une ou deux personnes isolées qui m’ont dit qu’il fallait que je voie tel ou tel film, mais aucun mouvement de foule non plus. En un sens, donc, je n’ai pas l’impression d’avoir raté grand-chose cette année.

Et donc oui, voilà, j’ai vu 42 films au cinéma cette année, sans chercher à faire exprès d’ailleurs, et il est donc temps pour moi de faire le bilan cinéma de cette année, il est temps de faire un top 10 !

Alors, encore une fois et comme toujours, quelques avertissements avant de me lancer.

Tout d’abord, je ne prends en compte dans ce Top 10 que les films qui sont effectivement sortis en salles et que j’ai pu voir dans un cinéma. Je ne considère pas les films qui sont sortis en Direct to DVD ou sur Netflix par exemple… et de la même manière, je ne parle que des films qui sont officiellement sortis dans le courant de l’année 2018, c’est-à-dire entre le 1er Janvier 2018 et le 31 décembre 2018. Même si j’ai découvert d’autres films cette année, que je n’avais jamais vu avant et même si j’ai vu quelques productions Netflix et d’autres téléfilms, la réalité est que ceux-ci n’apparaissent pas dans le top.

Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu’il faut choisir, qu’il faut mettre des limites, sans quoi il y aurait tout et n’importe quoi dans ce top et pas seulement des films. Bref, il fallait faire un choix pour que le top soit cohérent et c’est celui-ci que j’ai fait. Est-il le bon ou pas, c’est une autre histoire.

Ensuite, comme d’habitude, il y a forcément des films que j’ai vu et que vous n’avez pas vus qui risquent d’apparaître dans ce top, tout comme il y a des films que je n’ai pas vus et que vous avez vus qui n’apparaissent pas dans ce top. C’est tout à fait normal, on ne va pas forcément voir les mêmes choses au cinéma ! Ne vous inquiétez pas, donc, si je ne mentionne pas votre film préféré à vous, c’est peut-être tout simplement que je ne l’ai pas vu…

Enfin, dernier rappel : il s’agit de mon top 10 à moi et à personne d’autre. Il se base sur des choix qui me sont propres, qui sont totalement dépendants de ma subjectivité personnelle et je l’ai constitué tout seul dans mon coin sans consulter personne. Mon Top n’est pas une référence absolue ou quoi que ce soit, c’est juste mon Top à moi, mes goûts personnels. Et je vous invite d’ailleurs à faire le vôtre dans les commentaires, je serais très curieux de connaître les films que vous avez le plus aimé !

Mais bon, trêve de blabla, il est temps de passer aux choses sérieuses, voici donc le…

 

TOP 10 DE MES FILMS PREFERES DE 2018 !

 

Numéro 10 : BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Klu Klux Klan de Spike Lee

blackkklansman

Alors voilà un film que je ne m’attendais pas du tout à voir apparaître dans mon top pour être honnête. Mais bon, c’est vrai que, quand on n’a pas vu autant de films que ça, il peut y avoir quelques films qui viennent s’arroger de bonnes places sans qu’on s’y attende.

Ne vous méprenez pas, je n’ai pas du tout pas aimé ce film, bien au contraire et il mérite tout à fait sa place. Mais pour être tout à fait honnête, je n’ai pas été transcendé non plus. Quand je suis allé le voir, je me suis surtout dit que c’était un film sympathique, avec de bonnes idées, mais pas non plus si exceptionnel. J’ai passé un bon moment, mais je m’étais attendu à un peu mieux et je n’ai pas été complètement transporté non plus. Si je devais comparer ce film à mes numéros 10 des années précédentes (Zootopie et Wonder Woman), je ne le trouve pas du tout du même niveau non plus. Très bien fait et efficace oui, mais beaucoup moins plaisant à regarder à mes yeux.

Et pourtant, ne le nions pas, BlacKkKlansman est un bon film ! Cette histoire de flic Black qui infiltre le Klu Klux Klan dans les années 70 est très bien menée. Il y a des moments qui m’ont vraiment fait rire, des moments de tension qui sont très réussis et on suit l’intrigue de A à Z avec intérêt. Les personnages sont bien écrits, la reconstitution historique est géniale, le racisme ambiant très bien illustré. Même les membres du Klu Klux Klan sont loin d’être des personnages complètement idiots, insipides ou manichéens : on ne se contente pas de dire « bouh, les méchants ! », ils ont tous une véritable identité, des ambitions personnelles et un parcours qui les a menés à rejoindre le Klan.

Bref ça fonctionne bien. Certains ont laissé entendre que ce film ne montrait réellement qu’une facette des choses : le Klu Klux Klan étant désigné comme le mal et sans la moindre nuance. Mais je ne suis pas vraiment d’accord avec cette critique. Certes, les explications sociales et politiques qui poussent certaines personnes à rejoindre des groupements extrémistes tel que celui-ci ne sont pas traitées, et certes on ne montre pas vraiment non plus les groupes Black extrémistes de l’époque… Mais en même temps, ce n’est pas le sujet. On parle ici d’un flic qui s’infiltre dans le Klu Klux Klan, pas vraiment de la lutte dans son ensemble. Et évidemment que c’est un film à charge, vous vous attendiez à quoi ? En même temps, on parle bien du Klu Klux Klan ! Le nombre d’exactions qu’ils ont commises aux Etats-Unis ne fait pas d’eux de gentils petits lutins à ce que je sache…

Et puis, pour être honnête, tous les membres montrés ne sont pas des criminels, bien au contraire. Certains sont simplement des personnes avec des convictions politiques particulières… Enfin quoi qu’il en soit, il me paraît clair que l’intention du film n’était pas de dépeindre un tableau complet et honnête de la réalité de l’époque. D’ailleurs, autant se le dire tout de suite, ça n’est JAMAIS l’intention d’un film de fiction, même lorsqu’il est inspiré de faits réels.

Et pourtant, comme je l’indiquais un peu plus haut, malgré l’efficacité et la qualité intrinsèque du film, j’ai personnellement été un peu déçu. En fait, je m’attendais à ce que le film ne soit pas aussi timide justement, et qu’il aille beaucoup plus loin dans le délire. Dans le film, il se contente un peu d’arrêter un petit attentat dans sa ville et s’infiltre juste dans le groupe local. Je sais pas pourquoi, j’aurais voulu que le personnage s’enfonce vraiment plus dans le réseau, qu’il devienne l’un des principaux conseillers des leaders du mouvement ou quoi. Bref, il aurait fallu s’amuser un peu plus avec ce principe de base très fort, qui permet tout un tas de situation dramatiquement géniales. J’aurais aimé me dire, tout au long du film : « Mais jusqu’où ira-t-il ? ».

Et ce manque d’ambition se retrouve un peu dans le genre lui-même, qui oscille un peu entre comédie, polar et parfois thriller, mais sans jamais vraiment choisir ou sans jamais exploiter à fond les ressorts dramatiques qui s’offre aux auteurs dans ces genres-là. Je n’ai jamais été complètement plié de rire, je n’ai jamais complètement serré les fesses etc.

De manière générale, je trouve donc que le film, malgré des qualités techniques et scénaristiques indéniables (surtout pour un film inspiré de faits réels), aurait dû aller beaucoup plus loin dans son délire pour nous toucher infiniment plus qu’il ne le fait. Car, en le voyant, on reste un peu trop dans des émotions légères, qui manquent d’intensité…

Et vous vous demandez donc pourquoi j’ai haussé ce film à la 10ème place du top alors ? Il n’y a pas d’autres films qui soit peut-être un peu moins bien fait mais qui m’aurait plus transporté, un peu comme j’avais classé Geostorm si haut l’année dernière ? Si, si, il y en a. Mais ce qui fait de BacKkKlansman un film si remarquable… c’est sa fin.

Je suis obligé de vous spoiler un peu les choses, mais la fin de ce film est un petit coup de poing qui ne laissera, je pense, personne indifférent. Voilà, après deux heures de films passées à bien se marrer en se disant : bordel, quelle époque de fous ! heureusement qu’on en est plus là ! Spike Lee choisit de nous montrer des images de l’attentat de Charlottesville. Et des images très crues de l’événement, très poignantes, très marquantes, des images que, personnellement, je n’avais jamais vues. Et je vous le dis, ça fout un coup de voir ça. Et au niveau du message, c’est super fort.

Non, on n’est jamais vraiment sorti de cette époque. Et je ne suis pas certain qu’il y avait de meilleure manière de nous le faire comprendre.

Bref, si vous en avez l’occasion, je vous recommande donc de voir BlacKkKlansman, outre un bon moment à passer, c’est surtout une mini-claque à se prendre et un message à recevoir.

 

Numéro 9 : Mission Impossible : Fallout de Christopher McQuarrie

mission impossible fallout

Ah ! Les Mission Impossible… Ah ! Les blockbusters de l’été !

Vraiment, s’il est bien une franchise qui, je trouve, n’est pas en perte de vitesse en ce moment, c’est bien Mission Impossible. Je ne sais pas vraiment qui sont les « show runners » de cette franchise, mais ce sont ces gens intelligents et ils ont clairement compris le truc qui fait le succès de leur saga ! De l’action, de l’humour, des scènes de tension particulièrement bien menées et des histoires d’espionnage qui partent dans tous les sens. Vraiment, j’ai presque l’impression qu’il n’y a rien de plus à dire. C’est un très bon film, parce qu’un très bon Mission Impossible !

Bon, c’est vrai, je ne le trouve toujours pas tout à fait au niveau du 4, Protocole Fantôme, qui est mon préféré dans la saga. Mais bon, c’est pas non plus très loin, c’est mieux que le 5, qui était déjà très bien aussi. Bref, cette saga est sur une bonne lancée et ça se confirme.

J’ai évidemment adoré tout le passage à Paris. Ce n’est pas seulement parce que je suis Français et que je connais bien la ville, non. C’est surtout parce que le film se sert vraiment très bien de son décor pendant toute cette séquence. En une scène d’action dantesque, j’ai vraiment l’impression d’avoir vu tout Paris et que Paris a joué son rôle à chaque instant de la séquence. Même le plan vigipirate a son importance ! Et jamais je n’ai vu, dans un film, des policiers français être aussi bien représentés. Et le moment où ils sont surpris par la flic… Non, vraiment, tout est très fort dans cette séquence. Et c’est loin d’être la seule que le film a à offrir.

J’aime aussi beaucoup tout le passage à la fin, tout le combat avec les hélicoptères et les moments de tensions en parallèle. Tout est bien filmé, tout est bien orchestré, tout fonctionne et ça va vraiment à fond dans le délire Mission Impossible qui était tout ce que je demandais. Vraiment un très, très bon moment de cinéma, je vous le garantis si vous ne l’avez pas encore vu.

Alors pourquoi si bas dans le classement me direz-vous ? Ma foi, parce que les autres films sont meilleurs ! Mais aussi et surtout parce que, finalement, ça n’est qu’un Mission Impossible, et même pas le meilleur, et le film n’a d’ailleurs pas plus d’ambition que ça.

Mission Impossible : Fallout a été conçu pour être un divertissement de qualité et rien de plus, un blockbuster de l’été, un bon film à aller voir entre potes. Il ne cherche pas à délivrer un grand message, n’a jamais été construit pour transcender qui que ce soit et n’est même pas fait pour nous plonger dans l’univers d’un réalisateur x ou y. Non. C’est juste un pur produit commercial d’une qualité remarquable. C’est déjà très bien vous me direz, mais ce n’est peut-être pas assez non plus pour marquer l’histoire du cinéma ou même les mémoires. Je suis sûr que la plupart des gens qui l’ont vu se sont dit qu’ils avaient passé un bon moment, mais ne sont pas sortis de là avec l’impression que le visionnage de ce film avait changé leur façon de voir le monde.

Et allons plus loin, malgré toutes ces qualités, le film a un défaut majeur que je ne pouvais pas outrepasser : son intrigue beaucoup trop complexe. Sérieusement, je ne crois pas avoir compris toutes les trahisons et toutes les intentions de chaque personnage dans chaque scène. J’ai globalement saisi qui étaient les méchants, qui étaient les gentils et comment ces derniers l’emportent sur les premiers, mais quant à savoir ce que préparaient les méchants, pourquoi, quel est leur plan depuis le début du film, je ne sais pas trop. Et je m’en fiche un peu, parce que ça n’empêche même pas d’apprécier le film d’ailleurs. Et c’est ça qui est vraiment problématique en fait. A partir du moment où il n’est pas nécessaire de comprendre une partie de l’intrigue pour apprécier le film, c’est vraiment qu’on a raté quelque chose à ce niveau-là.

Mais bon, comme encore une fois, on peut réellement profiter du film sans comprendre, Mission Impossible : Fallout est quand même dans ce top. Et si vous avez envie de voir un bon film d’action, c’est effectivement un excellent choix !

 

Numéro 8 : Parvana de Nora Twomey

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Voilà le genre de film que je ne serai jamais vraiment allé voir si un pote ne m’y avait pas un peu traîné. Je n’en avais pas vraiment entendu parler et je crois que si ça avait été le cas, ça m’aurait laissé indifférent et je ne serais pas allé voir. C’est juste qu’un soir, un pote m’a proposé de le voir et que, pour une raison x ou y, j’avais plus envie de sortir que de rester chez moi à ce moment-là. Et je me suis donc retrouvé dans une salle de cinéma… et bim, un excellent film. Comme quoi, c’est pas forcément en restant dans sa zone de confort qu’on risque d’aller très loin.

Parvana, si vous ne l’avez pas vu et que vous ne savez pas ce que c’est, c’est l’histoire de plusieurs femmes de la même famille – une mère et ses deux filles (il y a aussi un bébé) – qui sont livrées à elles-mêmes à Kaboul, sous le régime des Talibans. Comme à ce moment-là, les femmes ont interdiction de sortir de chez elles à moins d’être accompagnées par leur mari, et que le père de la famille, le seul homme de celle-ci, se retrouve mis en prison injustement, ces femmes risquent tout simplement de… mourir de faim.

Oui, la situation est aussi forte et absurde que ça. Elles risquent vraiment d’être tabassées et tuées par les Talibans si elles sortent de chez elles, mais si elles ne sortent pas de chez elles, elles n’ont pas d’eau, pas de quoi manger, rien. Cette situation est juste intenable et horrible et nous prend directement à la gorge.

Du coup, la plus jeune des deux filles, Parvana, parce qu’elle peut encore se le permettre vu qu’elle n’a pas encore de formes féminines trop marquées, se fait passer pour un petit garçon afin de sortir et de tenter de faire tout ce qui doit être fait : travailler pour ramener de l’argent, faire les courses, aller chercher de l’eau et tenter de trouver un moyen de faire libérer son père de prison. Une aventure dans laquelle elle risque à tout moment d’être prise…

Bref, c’est une histoire forte, qui prend un peu aux tripes et les personnages du film sont d’une force et d’une justesse incroyable. Ce que j’adore surtout, c’est comment le monde des Talibans nous est présenté. Même les hommes qui tuent, qui torturent et oppressent les autres sont loin, très loin, d’être inhumains et ont tous le droit à des moments de pure force émotionnelle.

Au début du film, la mère décide de braver l’interdiction de sortie pour aller jusqu’à la prison et tenter de faire libérer son mari. Elle est alors tabassée par un homme pour avoir pris une telle décision. Mais dans la façon dont cet homme la tabasse, on sent presque qu’il le fait par pitié : parce que si quelqu’un d’autre était tombée sur elle, elle aurait subi bien pire. On sent que lui-même regrette son geste.

Pendant tout le film, on sent que tous les personnages sont oppressés par le système en place et que ce n’est pas parce que certains ont des positions dominantes qu’ils ne sont pas eux aussi écrasé d’une manière ou d’une autre. Ici, je ne pourrais même pas dire qu’il y a des « méchants » ou des « gentils ». Il n’y a que des gens qui essaient de vivre comme ils peuvent dans le monde qui est le leur, aussi terrible soit-il. Et j’aime beaucoup ça.

Trop souvent, on nous dépeint les dictatures ou les régimes passés comme des antichambres de l’enfer, impossibles à vivre. C’est notamment quelque chose que les œuvres d’Anticipation ont un peu trop tendance à mettre en avant. Mais la réalité est toujours infiniment plus complexe : les gens vivent, même sous les régimes les plus terribles. Ils vivent au jour le jour, ils connaissent des joies, des peines, ils ont des ambitions, des vies, des enfants, des parents, etc, etc. Même sous les pires dictatures, la vie continue malgré tout et s’organise d’une manière ou d’une autre.

C’est peut-être horrible à dire, on préfèrerait peut-être croire que, dans un tel cas, tout le monde serait un peu obnubilé par la situation politique et que ce serait la révolte permanente, ou même que les gens qui nous oppressent sont des monstres sanguinaires. Quelque part, c’est plus facile de croire ça, c’est plus confortable. Mais la réalité n’est pas là, et Parvana réussit magistralement à capter cette justesse-là, cette réalité-là.

Parvana, c’est juste un portrait du quotidien des gens sous le régime des Talibans en Afghanistan. Et du coup, dans cette perspective-là, il se permet non seulement de nous montrer des gens, mais aussi de créer de purs moments d’émotion. Vraiment, si vous ne l’avez pas vu, vous avez raté quelque chose, je vous le jure.

Le problème qui justifie qu’il ne soit pas numéro 1 ou même simplement plus haut dans le top ? L’autre histoire.

Malheureusement, si Parvana parvient à capter quelque chose de grandiose et de formidable, c’est aussi l’histoire d’une petite fille qui raconte des histoires. Et donc, en même temps que nous suivons l’histoire de Parvana, nous suivons aussi l’histoire qu’elle raconte et qui prend une place importante dans le film. Trop importante.

Car cette histoire que Parvana raconte n’est pas du tout aussi extraordinaire et n’a même pas la force symbolique que ce genre de récit dans le récit a en général. Je n’ai pas trouvé ces passages particulièrement utiles ou réussis, même en termes d’animation. Ce conte me semble juste être un moyen un peu facile de combler certains trous, de rallonger le film pour qu’il puisse sortir au cinéma… Il manquait quelque chose pour le lier davantage à l’histoire de Parvana elle-même je pense. Et du coup, sans être catastrophique, la présence de tous ces passages ne permet pas au film de briller autant qu’il l’aurait dû. Je trouve personnellement ça terriblement dommage.

Mais quoi qu’il en soit, ça n’enlève rien au fait que Parvana a capté quelque chose qui le différencie de beaucoup d’autres films et c’est un petit coup de génie que vous ne devriez manquer sous aucun prétexte. Si vous ne l’avez pas vu, et quel que soit le genre de films que vous aimez : précipitez-vous.

 

Numéro 7 : Kursk de Thomas Vinterberg

kursk

Bon, je l’avoue, je suis un peu allé voir ce film sans trop savoir à quoi m’attendre et avec beaucoup de scepticisme quant à ce que je pourrais y trouver. C’est le fait que ça parle de sous-marin qui m’a attiré et j’avais peur que ça soit un peu crétin sur les bords, le genre de film commercial un peu pourri qu’on peut avoir quand on s’attaque à ce genre de sujet. J’avais vu une bande annonce et je me suis dit que pouvait me plaire, mais plus comme un péché mignon qu’autre chose. Je ne m’attendais pas vraiment à voir un film d’une grande qualité.

Et pourtant ! J’avais très, très mal jugé ce film !

Kursk n’est pas du tout le film d’action ou de sauvetage en mer que j’attendais. Kursk n’est pas du tout un blockbuster bidon destiné à tenter de renflouer les caisses de Luc Besson après le naufrage de Valérian. Non, Kursk est, aussi surprenant que ça puisse paraître, un putain de bon film.

Je vous avoue que je ne connaissais pas l’histoire de base. Je suis né trop tard pour en avoir entendu parler sans doute, ou j’étais trop jeune quand ça s’est produit. Et je me suis donc laissé surprendre jusqu’à la dernière minute. Mais très honnêtement, même en connaissant parfaitement la fin à l’avance, je vous assure que ce film a quelque chose de fort à offrir.

Mieux encore, c’est pile le genre de film que j’adore personnellement. Déjà, j’adore les films de sous-marin, vous l’aurez peut-être deviné. Mais en plus, il y a toute cette partie monde entier qui se coordonne pour tenter de sauver quelques marins que j’adore, de base, dans les films de Roland Emmerich ou dans d’autres films de ce genre. C’est exactement le genre de film que j’aimerais moi-même réaliser à l’avenir, quand je serai « grand ».

Mais plus que ça : ce n’est pas seulement un film qui peut me plaire à moi, c’est surtout un film qui est vraiment très, très bien écrit.

Au début du film, je me suis un peu dit que ça allait être très prévisible. L’ensemble des scènes qui jalonnent le premier acte semblent mettre en place des choses pour la suite avec des sabots si gros que ça aurait pu en devenir lourd. Vraiment, quand ils se mettent à chanter au mariage, c’est tellement appuyé qu’on se dit instantanément qu’ils vont chanter à un moment ou à un autre dans le film pour se donner du courage. Je vous rassure tout de suite, ça ne manque pas, ils le font.

Sauf que voilà, tout a beau être annoncé avec de gros sabots… tout fonctionne à merveille ! Et tout fonctionne à merveille parce que, justement, on nous donne envie que ces choses arrivent. Quand les personnages se mettent à chanter, on a envie qu’ils chantent ! Et quand le film utilise tel autre ficelle mise en place, on a envie qu’il l’utilise ! Et c’est ça, quelque part, le génie du film. C’est d’avoir réussi à être hyper prévisible, mais à être hyper touchant quand même.

Et bien sûr, il y a la fin. Je ne parle pas de la fin des marins en eux-mêmes, mais de ce qui se passe après. Là, je vous l’avoue, ce qu’il se passe est fort, très fort, et beaucoup plus surprenant que je ne m’y attendais. Le film a réussi à me faire pleurer avec une simplicité et une justesse rare. J’avais déjà passé un excellent moment pendant le film, mais cette note final a vraiment été le coup de grâce. Un peu comme pour BlacKkKlansman, avec peut-être un peu moins de message, mais tout autant d’émotions je trouve. Et pour le coup, la technique d’écriture déployée à ce moment-là est vraiment formidable, j’espère sincèrement pouvoir vous en parler un jour.

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir. Mais je crois que même en ayant déjà vu le film, l’effet marcherait encore…

Pourtant, le film n’est pas parfait non plus et c’est pour ça qu’il n’est que septième. Je pense que son principal défaut, c’est sa réalisation, ou son image. A voir qui est responsable. Beaucoup trop de plans sont « illisibles », flous, ce qui nous empêche de réellement toujours apprécier ce qu’il se passe à l’écran. L’ensemble manque un peu d’ampleur, quoi que certaines scènes soient très bien réussies. Et puis, il y a cet effet un peu facile du format qui change au cours du film : on passe d’un format 4/3 à un cinémascope quand le sous-marin part en mer, je ne sais pas trop pourquoi. Pour montrer que l’aventure commence ? C’est étrange, parce que, finalement, l’essentiel des scènes se passent à la surface…

J’ai vraiment l’impression que c’est juste un effet pour avoir un effet, ou que le caméraman avait oublié de mettre le bon format de pellicule quand ils ont tourné les premières scènes. Je ne sais pas, c’est étrange. Tout ça n’est pas très gênant, mais le film aurait gagné à avoir une image bien plus soignée.

Enfin, le film reste finalement victime des événements qu’il relate. Malgré la force émotionnelle qui s’en dégage, cette aventure n’est pas aussi exceptionnelle en elle-même que ça. Il aurait vraiment fallu plus pour me transcender complètement.

Bref, n’hésitez pas à voir ce film, car il vaut vraiment le détour, même si vous n’aimez pas forcément les sous-marins.

 

Numéro 6 : The Greatest Showman de Michael Gracey

the greatest showman

Et voilà, premier élément de la liste que j’ai déjà traité dans un article sur ce site, aussi je ne m’étendrai pas autant que sur les autres !

The Greatest Showman, c’est LA comédie musicale de l’année. Je suis sorti de là, j’avais tellement envie de chanter et de danser que je me suis dit que j’allais réécrire la moitié des histoires que j’ai en stock pour en faire des comédies musicales ! Toutes les chansons sont trop bien, l’histoire est super sympa, j’adore tous les personnages, ça fout la patate à un level dantesque… Non vraiment, c’est juste un très, très bon film que je ne peux que vous recommander.

En fait, pour être honnête, dès que j’ai vu ce film je me suis dit qu’il y avait un truc et que lui, à moins d’un miracle, se retrouverait quasi-nécessairement dans mon top 10. Peut-être en fin de liste (j’ai beaucoup croisé les doigts en vain cette année) ou peut-être comme mention spéciale. Mais il y avait ce petit truc en plus en sortant de la salle qui m’a laissé penser que j’en parlerai d’une manière ou d’une autre dans ce top. Tout simplement aussi parce que, vraiment, j’ai grandi avec des tas de comédies musicales dont je chante aujourd’hui encore les chansons et que ça a réussi à me replonger direct dans ce mood, alors que les comédies musicales de ces dernières années avaient plutôt eu tendance à m’énerver royalement.

Je veux dire, j’ai détesté La La Land au point de le mettre en numéro 3 de mon Flop 10 de l’année dernière ! Et même les chansons des Disney, à l’exception de la fameuse que je ne mentionnerai évidemment pas, ne m’avaient pas plus touchées que ça. Mais avec The Greatest Showman, c’était direct le retour à Grease, à West Side Story, à Les Demoiselles de Rochefort, à Aladdin et tous les autres. Un vrai grand plaisir qui m’a redonné foi en ce genre. Et rien que pour ça, il méritait d’être dans ce top et au-dessus des quatre autres films un peu timides que je viens de citer, qui ne respiraient malheureusement pas autant d’énergie et de brio.

Pourquoi pas numéro 1 alors, me direz-vous ? Ben, parce que mine de rien, on est maintenant en Janvier 2019 et je ne me souviens pas d’une seule des chansons. Bizarrement je n’ai pas eu envie de réécouter une seule des chansons depuis la sortie du film, alors que j’avais pourtant réécouté la chanson d’ouverture de La La Land, c’est dire. Je crois que ça tient au fait que, comme je l’avais dis à la sortie du film, toutes les chansons sont trop bien et, du coup, aucune ne sort du lot, aucune ne se différencie réellement des autres. Et c’est une triste vérité, mais il faut réellement varier les genres et les ambiances de musique dans une comédie musique, ce que n’a pas vraiment fait The Greatest Showman.

En revanche, je me souviens bien de la grosse erreur de scénario qui squatte le milieu du film, ou du fait que les chansons partaient un peu bizarrement. Certes, ce sont un peu les seuls défauts du film, mais ils ne sont pas si petits.

Bref, oui, un film qui vaut le détour et que je reverrai sans doute avec plaisir, que je vous recommande évidemment, même si je crois que tout le monde l’a déjà vu. Mais un film qui, finalement pêche par excès de zèle peut-être.

 

Numéro 5 : Black Panther de Ryan Coogler

Black Panther

Quand je me suis demandé quel était le film que j’avais le plus envie de revoir de cette année, étrangement, c’est celui-ci qui est sorti. C’est vraiment le film de cette année qui correspond peut-être le mieux à tout ce que j’aime : une grande aventure de Fantasy qui me transporte dans un autre monde, avec de l’humour, du courage et tout le tralala, mais aussi de magnifiques moments de cinéma et un méchant aussi redoutable que touchant.

Et pourtant. Que le film a des défauts ! Et qu’il y a à peine dix personnes pour la bataille finale qui engage toute la survie du royaume ! et qu’il y a encore un méchant invincible contre un héros invincible ! et qu’il y a des personnages beaucoup moins intéressants que les autres ou dont les réactions sont pas forcément hyper logiques ! et j’en passe et des meilleures. Bref, c’est loin d’être un film parfait et même à l’époque, quand j’en ai fait la critique, je me suis dis que c’était loin d’être au point. Loin, même, d’être aussi maîtrisé qu’un Thor Ragnarok ou autre.

Pourtant, entre Thor Ragnarok et Black Panther, je choisis Black Panther sans hésiter. Parce que Thor Ragnarok, c’est la formule Marvel à l’état pur, le must de ce qu’elle a pu donner, mais sans aucun sens et sans aucune profondeur. Juste du fun. Black Panther respire de sincérité et force émotionnelle, malgré ses erreurs dantesques.

Je l’ai dit dans mon article à l’époque, Black Panther a sonné le glas du renouveau de Marvel quand il est sorti. Fini l’autodérision systématique, on reprend les choses en main et on commence à raconter de vraies histoires. Avec de vraies émotions assumées, de vrais enjeux… Et du coup, c’est un vrai plaisir. La plupart des images de ce film sont gravées dans ma mémoire et tous les passages dans l’Au-delà sont d’une force qui me bouleverse rien qu’à leur mention.

Et puis, il y a aussi le fait que les films de ce genre, ces histoires d’aventures, de fantasy, sont beaucoup trop rares à mon goût au cinéma et que lorsque l’une d’elle se pointe, avec une telle qualité et une telle envie de faire un film touchant et fort, alors oui, je ne peux qu’apprécier, adorer. Je veux faire ce genre de films plus tard et si j’arrive à faire un film au moins aussi fort que ça, j’aurais réussi ma vie.

Et du coup oui, ce film n’est pas un film timide et j’ai plus envie de le revoir que The Greatest Showman, c’est pourquoi il se trouve là dans le top. Mais bordel ! Que de défauts qui auraient dû être évités ! C’en est presque dommage…

 

Numéro 4 : Bohemian Rhapsody de Brian Singer

bohemian rhapsody

Et revoilà donc un film musical ! Décidément. Mais bon, ce n’est pas une comédie musicale non plus, c’est un film musical, alors bon, j’ai le droit, non ?

Bohemian Rhapsody, c’est sans doute le film que mon entourage m’a le plus recommandé cette année. C’est simple, dès qu’il est sorti, tous les jours, jusqu’à ce que j’y aille, j’ai entendu dire qu’il était super par au moins une personne, mais rarement qu’une seule. Car oui, je suis allé le voir assez tard finalement, parce qu’à la base, il ne m’intéressait pas trop.

Je sais pas, un biopic sur un groupe de musique, j’en ai vu pas mal je crois, et aucun ne m’a jamais complètement accroché. C’est toujours un peu la même chose et pas forcément traité avec subtilité parce qu’on se contente un peu de jouer sur la force des musiques en elle-même, comme si ça suffisait à faire un bon film. Et pourtant, j’adore Queen, c’est peut-être le seul groupe donc j’ai écouté l’intégrale des chansons et celui que j’écoute le plus souvent. Je suis pas vraiment fan, mais voilà, ça se pose-là dans mon estime. Sauf que Bohemian Rhapsody est l’un des titres que j’aime le moins d’eux… Et puis, je suis pas fan du tout de Rami Malek non plus. Alors voilà, j’étais pas trop tenté, c’était pas mon genre, j’étais pas dans le mood.

Et puis, finalement, j’y suis allé. Et j’ai bien fait. Les gars, vous aviez raison de me le recommander. Vraiment.

Bon, le démarrage est un peu laborieux, je dois l’admettre. J’ai mis du temps à comprendre où ils voulaient en venir et quelle serait vraiment l’histoire, parce que la première partie se contente un peu d’être une suite de succès faciles pour le groupe et c’était justement ce que je craignais au départ. Mais après, à partir du moment où ils vont dans la ferme pour composer le fameux Bohemian Rhapsody, là, j’ai commencé à comprendre et à être emporté par l’histoire.

Parce que finalement, c’est l’histoire de Freddy Mercury qui a du mal à s’assumer lui-même, qui, du coup, a du mal à se connecter aux autres. C’est l’histoire d’un type qui ne se sent bien que sur scène, qui est le plus grand showman de la Terre, mais qui dans la vie, a du mal à laisser la moindre part de soi-même exister au grand jour. Et c’est l’histoire de sa lutte pour aller enfin s’accepter tel qu’il est. Et vraiment, son parcours m’a touché, m’a plu, m’a saisi.

Et en plus de ça, j’ai pu écouter du Queen à gogo, voire comment et pourquoi ils avaient conçu certaines de mes chansons préférées, j’ai appris comment fonctionnait le groupe et, comble du miracle, j’ai même appris à apprécier davantage Bohemian Rhapsody et je trouve Rami Malek formidable dans le rôle de Freddy Mercury. En d’autres termes ? Ce film m’a retourné complètement et c’est tout à son honneur.

Mais bon. C’est un peu facile aussi de mettre du Queen pour faire chanter toute la salle. Et il y a toujours cette première partie laborieuse et finalement peu intéressante qui aurait dû être coupée. Donc oui, même si ce film m’a beaucoup touché, même si je l’ai trouvé excellent et qu’il a su détruire mon scepticisme, même s’il a moins de défauts que Black Panther et que je trouve finalement la musique bien meilleure que dans The Greatest Showman… il n’ira pas plus haut dans le top. Car les trois premiers, eux, jouent tout simplement dans une autre catégorie.

Cela dit, si vous n’avez pas encore vu le film, je vais m’empresser de faire ce que tout le monde a fait avant moi : je vais vous le recommander et vous dire de foncer le voir dès que vous pourrez, surtout si vous aimez un tant soit peu Queen.

 

Numéro 3 : Spider-man : New Generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman.

spider man new generation

Un peu comme Bohemian Rhapsody, j’avais pas trop envie d’aller voir ce film à la base. Les films de super-héros, je commence à saturer. Surtout que, dernièrement, les vrais films de super-héros, c’est-à-dire qui ne se contentent pas d’être des films d’action et qui essaient de vraiment jouer avec les codes du genre, ça court pas les rues. Et puis, les Spider-Man, c’est bon, on en a eu notre dose vous trouvez pas ? Les trois qui ont vraiment lancé la mode des super-héros au cinéma depuis le début du millénaire, les deux que tout le monde a préféré oublier, le nouveau sympathique de Marvel, mais qui finalement, restait un peu un Marvel comme les autres (en mieux, je dois bien l’avouer)… C’était bon non ? Y avait-il vraiment besoin d’en faire un nouveau ?

La réponse est évidemment oui !

Et encore une fois, ce sont plusieurs amis qui ont immédiatement été dithyrambiques à propos du film qui m’ont convaincu d’aller le voir. J’ai beaucoup moins attendu que pour Bohemian Rhapsody, parce que c’est quand même plus mon genre de film et que, clairement, ce qu’on me disait n’était pas juste « c’est un bon film, va le voir », les gens avaient de vrais arguments ! Franchement, merci à eux !

Ce film, c’est de la bombe, c’est du putain de bon cinéma, et surtout, c’est le premier VRAI film de super-héros depuis des années. Enfin un personnage qui apprend à utiliser ses pouvoirs et qui n’est pas tout de suite un over badass de la mort qui tue. Enfin un film qui prend le temps d’installer son intrigue et ses personnages, avec brio en plus. Enfin un film qui a de la gueule et qui innove cinématographiquement parlant. Et enfin un film qui va au bout de son délire bordel ! C’était quand même pas si compliqué !

Mais surtout, enfin un film sans défaut ou si peu ! Dans ce top, quand même, ça commençait à manquer, vous ne trouvez pas ? Mais c’est vrai, je n’ai pas grand-chose à dire à part du bien de ce film. Le principe de base est chouette et super bien exploité. Les personnages sont vraiment tous top et tous formidablement présentés. Le méchant lui-même est fort. Le film prend le temps d’installer de l’émotion et des moments particulièrement touchant. Putain, la scène où Peter revoie Mary-Jane ! Ou le père ! Mon dieu, le père ! Et puis, évidemment, il y a l’animation dantesque et tous les plans chiadés qui vont avec. L’univers visuel est formidable, incroyable !

Raaaah ! ça fait du bien ! C’est tout, c’est juste ça ! ça fait du bien. Je ne vois pas quoi dire de plus. J’ai adoré ce film d’un bout à l’autre, j’ai été dedans et j’aurais presque voulu que ça continue encore et encore… C’est ça que je veux voir au cinéma quand on me dit « super-héros », moi. Je m’en fous de la castagne en slip de bain sur collant moulant. Sincèrement, c’est pas ça l’intérêt des films de super-héros. Pourquoi est-ce qu’il n’y a que Sony qui comprend ça ?

Allons plus loin, c’est même le film de l’année. Non, sans déconner. Un peu comme Le Dernier Train Pour Busan l’avait été en 2016. C’est-à-dire que même si c’est pas votre film préféré de l’année, il sera forcément dans les tops de tous ceux qui l’auront vu. Et tout le monde est déjà en train de dire que c’est LA bonne surprise de l’année. Alors oui, vraiment, allez voir Siper-Man : New Generation, ce n’est peut-être pas le film que vous méritez pour l’instant, mais c’est le film dont vous avez besoin… euh non, mauvaise référence… Bref !

Spider-Man : New Generation est vraiment, vraiment, génial selon moi…

MAIS, MAIS, MAIS !

Comme vous l’avez remarqué, il n’est pas tout en haut de ce top et ce pour deux raisons.

Tout d’abord, malgré son incroyable sommes de qualités, tous les personnages ne sont pas suffisamment développés à mon goût. Trois des versions de Spider-Man sont là plus pour le gag que pour être des personnages à part entière et ça se sent. Notamment à la fin, quand ils se disent au revoir. Il y a quand même des au revoir dont on se fiche royalement et ça la fout un peu mal comparé au reste du film.

Et puis, il manque LE truc qui fait le sel de Spider-Man normalement : la ville de New-York.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans tous les bons Spider-Man, il y a ce moment où la ville de New-York vient en aide à son héros. Et ce sont toujours des putains de moments dramatiques, d’une force émotionnelle incroyable, qui marchent à tous les coups. C’est la scène du pont dans le premier de Sam Raimi, la fin de la scène du métro dans le deuxième opus, la scène des grues dans The Amazing Spider-Man, ou le moment où le petit garçon se tient devant le Rhino en costume de Spider-Man à la fin du second opus… Autant de moments qui, à mon avis, font de ces films des vrais films de super-héros… Et pourtant, dans New Generation, la scène manque.

Et à mon avis, elle manque cruellement.

Ce n’est pas vraiment un défaut, car ça ne gâche rien au film, mais imaginez à quel point ça aurait meilleur et formidable avec un moment comme ça ? Bref, un manque qui relègue ce film, malgré toute sa qualité, à la troisième place de ce classement, j’en ai bien peur.

 

Numéro 2 : Red Sparrow de Francis Lawrence

red sparrow

Bon, je pense que si vous avez lu mes critiques et mes tops des années précédentes, vous savez combien j’aime les histoires à twist lorsqu’elles sont bien écrites. Et malheureusement, je ne peux que déplorer une prolifération de films qui n’y comprennent rien en la matière, un enchaînement de tentatives qui se soldent généralement par des scénarios peu intéressants, sans queue ni tête et sans intérêt, dont les twists me laissent particulièrement indifférent.

Les quelques règles à respecter pour que ça fonctionne sont pourtant simples. La première est que le twist ne doit pas être l’unique intérêt de votre récit, que vous devez d’abord vous intéresser à écrire une histoire touchante et intéressante en elle-même. La seconde est que le twist doit avoir un sens émotionnel fort pour le personnage, que le twist en lui-même soit impactant pour le spectateur donc, sans quoi, il aura beau être le plus surprenant du monde, tout le monde s’en foutra ; d’autant que si le twist a un vrai sens émotionnel, même ceux qui l’auront deviné à l’avance pourront l’apprécier. La troisième règle, c’est qu’un bon twist ne consiste pas seulement à dire : « Ah ah, tout ce que vous pensiez être vrai est en fait faux ! » ; donc exit les « c’était un rêve depuis le début » et autres twists du genre. Et enfin, dernière règle absolue : pour qu’un bon twist fonctionne, la première chose à faire, c’est de ne pas centrer son intrigue principale sur la résolution de l’énigme en question, sinon le spectateur n’aura rien d’autre à faire que de réfléchir à la solution de l’énigme et il y a toutes les chances qu’il trouve la solution longtemps avant que vous ne la révéliez !

Enfin, ça, c’est ce que je croyais, jusqu’à ce que je voie Red Sparrow.

Alors rassurez-vous, le film respecte les trois premières règles. Mais la quatrième ? Eh bien le film est le seul, à ma connaissance, qui parvient à la transcender réellement.

Oui, Red Sparrow est un film à twist, et oui, le twist final concerne bien l’intrigue principale et oui, il est plus que surprenant et fort émotionnellement et même génial j’ai envie de dire. Moi, il m’a retourné le cerveau. Je sais que beaucoup de personnes pourront trouver le film trop complexe à suivre, ou ne s’intéresseront peut-être pas à ces histoires d’espionnage un peu alambiquées, mais qu’importe. La réalité est là, le twist final est magistral, est une leçon de scénario en elle-même.

Je vous recommande évidemment de voir le film sans être spoilé pour en profiter au maximum, mais je crois que vous profiterez du film même en ayant déjà la révélation en tête. Et puis, on est ici pour parler d’écriture, si je ne vous révèle pas quelques « trucs » des grands maîtres, à quoi je sers ?

Donc voilà, le « truc » de Red Sparrow, c’est la technique du double twist final. En gros, il n’y a pas un, mais deux twists, et la première révélation n’est évidemment qu’une diversion grotesque, mais terriblement efficace. En gros, il y a deux intrigues. La principale, qui consiste à suivre l’héroïne qui tente de survivre et d’échapper aux griffes des services secrets russes qui la forcent à travailler pour eux. La secondaire, qui consiste à plus ou moins essayer de deviner qui est le traître caché dans les rangs des services secrets russes.

Du coup, l’énigme semble clairement être dans l’intrigue secondaire et en y réfléchissant un peu, en connaissant un peu les codes du genre, il est très facile de trouver la réponse à cette énigme et de deviner, longtemps à l’avance, qui est le traître. Et en réalité, quand le film nous fait la révélation, c’est une toute petite scène, juste comme ça, sans grande pompe ou quoi que ce soit. Comme si les scénaristes et le réalisateur avaient bien conscience que tout le monde avait déjà trouvé la réponse depuis longtemps.

Sauf que le véritable twist final, lui, intervient en fait quelques minutes plus tard, dans l’intrigue principale. Je ne vous dis pas en quoi il consiste, mais la réalité est qu’à ce moment-là, parce qu’on a déjà été « satisfait » dans notre attente de révélation par la première révélation, on ne le voit pas du tout venir ; parce qu’on a passé tout le film a essayer de démêler l’énigme de l’intrigue secondaire, on ne s’est pas du tout penché sur la possibilité qu’il pouvait y en avoir une dans l’intrigue principale. Parce que tous les comportements étranges des personnages qui annonçaient le twist final, on les attribuait naturellement à des tentatives trop évidentes de résoudre l’énigme du traître…

Et voilà, cacher un twist final derrière un twist final, il fallait y penser.

Je ne sais pas si la technique est à ce point ultime qu’elle marchera à tous les coups maintenant qu’on est prévenu. Mais je pense que ça pourrait bien être le cas. Car ça brouille tellement les pistes, ça appelle tellement le spectateur à focaliser son attention ailleurs, qu’à mon avis, il y a des chances pour que ça surprenne à tous les coups, du moment que c’est bien fait.

Et du coup, voilà. Red Sparrow a été pour moi une révélation, une grande surprise, une vraie leçon de scénario comme j’en prends rarement. Mais plus que ça, c’est un film maîtrisé de A à Z, avec une vraie histoire, de très bons personnages, un genre que j’affectionne beaucoup. Personnellement, plus que le twist en lui-même, j’ai vraiment été pris par l’histoire et je voulais vraiment que l’héroïne s’en sorte, trouve un moyen d’échapper à ses bourreaux. Bref, j’ai vraiment apprécié le film d’un bout à l’autre, et la fin m’a réellement mis sur le cul.

Encore une fois un film « parfait », qui ne m’a pas laissé indifférent du tout. Mais pour autant, pas une claque cinématographique non plus, comme l’a été le numéro 1 de la liste…

 

Mention spéciale : la bande originale de « First Man », composée par Justin Hurwitz.

first man music

Voilà, comme d’habitude, avant de vous parler du numéro 1, de mon film préféré de l’année, j’aimerais faire une mention spéciale et parler d’un film un peu spécial, que vous n’avez pas peut-être pas vu, dont je n’ai pas parlé dans mes critiques ou ailleurs, qui n’apparaît pas dans ce top, mais dont je voudrais quand même que l’on parle un peu. Sauf que cette année, vraiment… il n’y a pas eu d’autre film dont je voulais parler. Déjà que certains des films qui sont dans la liste ne devraient pas vraiment y être tant ils sont bancals, en trouver un autre à mettre en avant a été une tannée, un problème que je n’ai pas su résoudre.

Désolé, cette année, il n’y a pas eu de « petite perle » à découvrir en plus de ce top 10 et j’en suis le premier attristé. Alors du coup, j’ai décidé de vous parler un peu d’autre chose, de la plus grande réussite cinématographique en dehors de ce top 10 : une musique de film. J’ai donc décidé de parler de la BO de First-Man composée par Justin Hurwitz.

Voilà, je ne vous recommande pas du tout le film, ou pas vraiment. Vous l’avez peut-être deviné, mais Damien Chazelle, c’est vraiment pas ma tasse de thé à la base et là, malgré un sujet pile dans mes cordes et une réalisation qui avait de bonnes idées, je trouve que ça se plante magistralement. Je ne me suis pas attaché au personnage, je n’ai compris où il voulait en venir qu’à la toute fin – ce qui était beaucoup trop tard –, il reste trop collé aux événements, ce qui fait que plein de belles situations dramatiques auraient pu être exploitées mais ne l’ont pas été, et le scénario n’a pas été recentré autour des événements qui comptaient vraiment. Du coup, le film passe un peu à côté de son propre propos.

Les scènes dans l’espace, de manière générale, fonctionnent et ont un petit plus qui mérite que l’on s’y attarde, qu’on y jette un œil. Mais ça ne représente qu’une petite partie du film finalement et c’est bien dommage.

En revanche, il y a un point qui rend ce film un peu exceptionnel : la musique. La musique est juste géniale et plus particulièrement le titre The Landing. Il y a une émotion et une force dans cette musique, je l’adore. C’est simple, depuis que j’ai vu le film, je l’écoute en boucle. Et je ne m’en lasse pas une seule seconde.

Je ne suis pas suffisamment mélomane pour vous dire pourquoi c’est si génial, mais je peux vous dire que c’est vraiment ma musique de film préférée de l’année et que je trouve qu’elle est parfaite, qu’elle évoque tout un tas de choses en moi, qu’elle mérite d’être entendue. Bref, je vous recommande de l’écouter, particulièrement The Landing, croyez-moi, ça vaut le détour.

Et peu importe que vous ayez vu le film ou non.

 

Numéro 1 : Avengers : Infinity Wars de Joe et Anthony Russo.

Infinity War

Evidemment me direz-vous. Evidemment.

Enfin, même, diront certains. Enfin un film Marvel qui a cette ambition, cette force, cette puissance, qui dégage ce cinéma-là. Enfin.

Je ne dirais pas que tout est parfait, mais quelle claque quand même, non ? Je suis sorti de là, ça m’a un peu cloué le bec, ça m’a fait complètement oublier que j’avais juste vu un film Marvel. D’un seul coup, Marvel a décidé de devenir quelque chose de… de vrai ? d’authentique ? de grand ? Que s’est-il passé ? Où va le monde ?

Bon, et pourtant, rien ne me fait plus chier que de voir ce film en tête de liste.

Ça m’énerve parce que malgré toutes les qualités du film et son ambition titanesque, malgré tout ce qui a été déployé avant pour le rendre aussi fort que ça… la réalité est que l’on sait déjà que Marvel va tout gâcher avec sa suite. Ça sera peut-être bien, ça sera peut-être cool à suivre, mais si vous pensez une seule seconde que Marvel ne va pas revenir sur tout ce qui fait la force émotionnelle de ce film, vous vous plantez. Le calendrier des films prévus en lui-même nous indique qu’ils n’en ont rien à foutre et qu’ils sont déjà passés à autre chose.

Il y aurait pu y avoir du génie, il y aurait pu avoir un truc qu’on a jamais vu au cinéma, une fin de saga magistrale, incroyable, belle. Mais non. La machine commerciale en a décidé autrement. Alors voilà, il y aura une suite à Infinity Wars et ce ne sera pas celle qui confirmera la claque cinématographique qu’on s’est prise, ce sera celle qui l’enterra et brisera nos espoirs.

Je m’étais juré de ne pas mettre ce film dans mon top 10, de l’écarter complètement du classement pour cette seule raison et de n’en faire qu’une mention spéciale ou un aparté en fin de Top pour expliquer son absence. Mais quand j’ai vu la liste des films qui pouvaient concourir au titre, j’ai ravalé ma fierté et ma rancœur et j’ai accepté de reconnaître l’inévitable : cette année, il n’y a pas eu un seul film pour ne serait-ce que rivaliser avec Infinity Wars et ça me désole.

Vous pourrez dire ce que vous voulez, ne pas aimer Marvel, trouver qu’il y a telle ou telle erreur, que c’est juste du commerce, avoir une préférence personnelle pour un autre petit film, la réalité est la suivante : Infinity Wars est un mastodonte de cinéma. Peut-être pas un grand film, comme Tu ne tueras point, probablement à cause de sa suite à venir d’ailleurs, mais pas très loin non plus. En tout cas, il en a la force émotionnelle et l’ambition, la qualité cinématographique.

J’ai juste envie de dire : quel gâchis.

 

Conclusion :

Alors que faut-il penser de tout ça ? 2018, une bonne année de cinéma ?

Non, pas vraiment. 2017 m’avait donné de l’espoir, avec un vent de renouveau, des films qui cherchaient à casser les codes du genre, à changer la donne. Et quelque part, c’est vrai que Marvel a bien changé cette année, même si Ant-Man & The Wasp tend à prouver le contraire. Mais globalement, les films sortis cette année n’ont rien eu de très palpitant, de très fort et il n’y a pas non plus eu des films dont tout le monde a parlé en dehors de ceux présents dans la liste…

En fait, ça a été difficile, même de constituer cette liste. Je trouve qu’en temps normal, seuls les trois premiers de la liste méritaient concrètement de se retrouver dans un top 10. En 2016, il y en avait bien plus de 10 de ce niveau-là. En 2017, j’en avais trouvé au moins 5 et un autre qui m’avait suffisamment marqué pour que je me sente absolument obligé d’en parler, et les 4 derniers de la liste avaient de grandes qualités, étaient des films ambitieux et forts qui avait tous quelque chose à dire et à défendre malgré leurs erreurs.

Cette année, les 4 premiers films sont bien timides quand j’y repense, ils ne sont pas mauvais, mais ils ne tiennent pas la comparaison. The Greatest Showman, Black Panther et Bohemian Rhapsody ont effectivement de la gueule, de l’ambition, mais ne m’ont pas non plus laissé un impact aussi fort que Geostorm, Dunkerque et Split l’année dernière ou Civil War, The Strangers et The Nice Guys l’année d’avant.

Pire encore, j’ai mis Infinity Wars en haut du top par défaut, Red Sparrow est une leçon de scénario, mais je le voyais plutôt vers la huitième ou la neuvième place à l’origine. Et malgré tout mon amour pour Spider-Man : New Generation, le film passe à côté de trop de choses pour vraiment mériter sa place.

Alors, bien sûr, vous me direz sans doute que tel ou tel petit film était meilleur, une petite perle rare que j’aurais dû allé voir etc, et vous aurez probablement raison. Mais là, je parle d’un état un peu général. Le fait est que je suis allé voir quasiment tous les blockbusters dont tout le monde parlait, tous les films à gros budgets, tous les gros succès de l’année… et que très honnêtement, j’ai pas été convaincu.

Je vais toujours voir plutôt ces films que les autres, parce que ce sont justement ces films que je voudrais réaliser plus tard, qui m’interpellent le plus généralement. Et, vous l’aurez sans doute noté, ce sont toujours ces films-là qui se retrouvent dans mes tops au final. J’y mets rarement des petits films que personne ne connaît. Mais là, même en allant voir toutes les grosses sorties de l’année, vraiment bof quoi. Ouais, il y en a eu des bons, mais dans l’ensemble, j’ai pas été convaincu du tout.

En fait, pour tout vous dire, j’ai eu infiniment plus de facilités à trouver de quoi faire un Flop 10 qu’un Top 10 cette année…

Y aurait-il un essoufflement ? Est-ce juste une mauvaise passe parce que toutes les vraies grosses sorties sortent en 2019 (Star Wars IX, Glass, etc, etc) ? Est-ce qu’il y a vraiment une perte de qualité dû à l’essor d’autres médias qui capteraient les talents ? Ou est-ce que c’est moi qui devient trop vieux qui n’arrive plus à trouver au cinéma les histoires que j’ai appris à aimer et la façon de raconter qui me paraît la plus efficace ? Suis-je trop vieux pour accepter les nouvelles façons de narrer des histoires au cinéma ? Suis-je devenu beaucoup trop exigeant ?

Je ne sais pas.

Le fait est que, les histoires que j’aime, que j’affectionne le plus, ne sont pas dans les salles. Ma conclusion est donc la suivante : il est grand temps que je me mette à les écrire, à les réaliser moi-même…

 

Voici la liste complète (avec les films vus hors salle) :

  1. Avengers : Infinity Wars
  2. Red Sparrow
  3. Spider-Man : New Génération
  4. Bohemian Rhapsody
  5. Black Panther
  6. The Greatest Showman
  7. Kursk
  8. Parvana
  9. Mission Impossible : Fallout
  10. BlacKkKlansman
  11. Papillon
  12. 3 Billboards, Les Panneaux de la Vengeance
  13. Hunter Killer
  14. Ready Player One
  15. Dans la brume
  16. Sans un bruit
  17. Girl
  18. First Man
  19. Outlaw King (Sortie Netflix)
  20. Silent Voice
  21. Ant-Man et la Guêpe
  22. Pentagon Papers
  23. Le grand jeu
  24. Les heures sombres
  25. L’homme qui tua Don Quichotte
  26. Roma (Sortie Netflix, mais vu en salle exceptionnellement !)
  27. Horse Soldiers
  28. Tomb Raider
  29. Deadpool 2
  30. La forme de l’eau
  31. Aquaman
  32. Solo : A Star Wars Story
  33. Les Indestructibles 2
  34. Cold War
  35. Jurassic World
  36. Les Animaux Fantastique : Les Crimes de Grindelwald
  37. Hostiles
  38. Le retour du héros
  39. Mortal Engines
  40. Un raccourci dans le temps
  41. A star is born
  42. 15h17 pour Paris
  43. The Cloverfield Paradox (Sortie Netflix)
  44. Un peuple et son roi
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