Vu : Dans la Brume

Dans la brume

Le genre en France commence à devenir un cinéma de qualité, de grande qualité même !

Voilà, il y a un certain moment maintenant, au cinéma, je suis allé voir Dans la Brume de Daniel Roby et franchement, c’était un excellent film.

Bon, je vous l’avoue, j’avais entendu parler du projet longtemps avant sa sortie et je connaissais déjà la révélation finale. Sur le papier, je l’avais trouvée intéressante et j’attendais de voir comment ils allaient mettre tout cela en scène. La réalité est donc qu’en voyant le film, je n’ai pas pu être « surpris » ou « étonné » par cette fin, car je l’ai attendue tout le long du visionnage en connaissance de cause. Et donc, je ne sais pas vraiment comment celle-ci peut être fondamentalement perçue par un spectateur novice.

Mais qu’à cela ne tienne, parce que le film est bon pour beaucoup d’autres aspects et m’a sincèrement touché et ému à plusieurs reprises. Et plus important encore : alors que je connaissais déjà la fin, il m’a tenu en haleine d’un bout à l’autre et ça, c’est vraiment très fort, vraiment très appréciable. Et je pense (je sais, même, puisqu’on me l’a dit) que beaucoup d’autres ont été aussi pris par le film que je l’ai été. Bref, cela souligne une qualité d’écriture malheureusement trop rare en France et d’autant plus rare dans les rares films de genre auxquels nous avons le droit chaque année.

Alors, pour ceux qui sauraient pas de quoi parle Dans la Brume, reprenons depuis le début.

Dans la Brume raconte l’histoire d’un père divorcé, interprété par Romain Duris, dont la fille souffre d’une maladie génétique toute nouvelle : une insuffisance respiratoire qui contraint cette dernière à vivre dans une bulle où l’air est constamment filtré. Alors que son ex-femme et lui cherchent un traitement miracle pour libérer leur enfant de son cocon médical, une catastrophe survient : une brume toxique et meurtrière surgit du sol et recouvre Paris.

Le héros et son ex-femme, qui étaient dans le même immeuble à ce moment-là, se réfugient au dernier étage, là où la Brume semble s’être arrêtée de monter. Mais leur fille, toujours prisonnière de sa bulle (qui filtre heureusement l’air), est coincée quatre étage plus bas. Réfugiés dans l’appartement d’un couple d’adorables retraités, ils vont alors tout faire pour tirer leur fille de là et échafauder un plan pour quitter Paris avec leur fille…

Voilà, je ne vous en dévoile pas plus et je vous laisserai découvrir ce film par vous-même.

Mais pour commencer, je tiens à souligner un point important sur la réalisation du film : elle est excellente. Mais pas nécessairement parce que les plans sont impressionnants ou quoi. Non, parce que le réalisateur a su mettre le paquet précisément sur la scène la plus importante du film, celle dont allait dépendre toute la crédibilité de celui-ci : l’arrivée de la brume. Et soyons honnête, cette scène est dantesque. Personnellement, elle me rappelle la scène de l’arrivée des extra-terrestres dans La Guerre des Mondes de Steven Spielberg. On y retrouve quasiment le même genre de plans, les mêmes idées de mise en scène. C’est plus court, mais c’est tout aussi intense et, après avoir vu ça, on ne peut que s’inquiéter pour les personnages pendant tout le reste du film. Et ça, c’était vraiment une idée géniale.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que quand on fait un film, et plus spécifiquement un film de genre, il y a toujours un moment dans le film qui doit être considéré comme le « Money Shot ». A ne pas comprendre comme « le plan qui attirera les foules dans les salles », mais plutôt comme « le plan sur lequel on doit mettre le paquet pour que tout le reste fonctionne ». C’est généralement le plan, la séquence, la scène qui, si elle est réussie en termes de réalisation, assurera toute la crédibilité du reste. C’est quelque chose que j’expérimente dorénavant dans mon école de cinéma et en montant mes propres projets de film.

Du coup, l’idée, c’est que dans cette séquence absolument essentielle, il faut mettre le paquet, quitte à sacrifier les bonnes idées sur les autres séquences pour des raisons de budget. Et de fait, Dans la Brume, en dehors de cette scène, se passe quasiment toujours dans des petites rues parisiennes, avec peu de figurants, dans des lieux fermés, étroits. Même les plans larges fréquents, qui montrent Paris recouvert de brume, ne sont finalement que des plans drones avec un effet spécial relativement simple à produire. Si l’on ne voyait que cela, on aurait sans doute eu l’impression d’un film de peu de moyens qui tente un peu désespérément de faire croire à un cataclysme de grande envergure sans avoir les moyens de réaliser concrètement ses ambitions. Mais parce qu’il a été décidé de mettre le paquet sur la scène de l’arrivée de la brume, cet effet disparaît totalement. Et il est important de saluer ce choix de réalisation (ou de production) particulièrement pertinent. Si tous les films de genre avaient cette intelligence, ce serait merveilleux : en vérité, inutile d’avoir d’immenses moyens pour faire un bon film de genre, il faut juste savoir où les mettre.

Ceci étant dit, nous sommes ici pour parler d’écriture et il est donc aussi important de souligner que Dans la Brume est très bien écrit et fonctionne merveilleusement… et ce pour des raisons simples.

Dans un premier temps, les enjeux sont posés dès le départ, clairs, précis et forts. Il s’agit tout simplement de raconter l’histoire de parents qui doivent tout faire pour sauver leur fille, déjà fragile, dans d’une situation extraordinaire. Car de fait : eux sont réfugiés dans les étages supérieurs, elle est toujours dans les étages inférieurs ; elle est certes protégée par sa bulle, mais ne peut pas les rejoindre, et la brume les sépare. Ils doivent trouver une solution pour quitter Paris, mais leur fille ne peut pas être déplacée facilement : il lui faut une combinaison très spéciale qui filtre l’air, et eux-mêmes doivent trouver des réserves d’oxygène pour traverser la brume. Pire encore : ils ne peuvent pas aller n’importe où car, à l’arrivée, leur fille devra à nouveau vivre dans une bulle protectrice.

En bref ? Les personnages principaux ont un enjeu simple que n’importe qui peut apprécier et comprendre : sauver leur fille d’un terrible danger de mort, en plus de trouver le moyen de se sauver eux-mêmes. Mais plus encore, ils sont confrontés à une montagne d’obstacles auxquels d’autres n’auraient pas été confrontés en temps normal. L’idée d’avoir rajouté cette maladie à leur fille renforce drastiquement le problème et les force à sans cesse trouver des solutions pour se sortir du pétrin.

Mais allons plus loin : le film ne se contente pas de ces enjeux déjà très forts. Il en rajoute d’autres. Par exemple, la brume monte très lentement : ce qui veut dire qu’eux-mêmes ne pourront pas rester éternellement sur place, ils doivent trouver le moyen de quitter Paris avant qu’il ne soit trop tard. De même, la bulle de leur fille, la seule chose qui la protège de la brume, fonctionne uniquement grâce à des batteries (parce qu’évidemment, il n’y a plus de courant). Résultat, il faut régulièrement changer les batteries. Encore un autre problème qui force les personnages à agir et à ne pas attendre que les secours viennent.

C’est là aussi une technique assez simple : en rajoutant des impératifs temporels aux personnages, on les contraint à l’action. S’il n’y a pas d’impératif temporel, les personnages peuvent simplement attendre que les secours arrivent ou que d’autres personnages viennent les sauver. Mais en créant une situation qui se dégrade, qui ne pourra pas tenir très longtemps, vous les forcez à agir.

Et enfin, à cela s’ajoute une série de petits rebondissements bienvenus qui achèvent de renforcer le suspense. La situation ne reste jamais vraiment la même, elle devient de plus en plus dramatique, oppressante, les personnages sont continuellement obligés de s’adapter.

Tout cela, ce sont des petits outils, des outils simples. Et pourtant, ils sont terriblement efficaces. Pour traiter cette histoire, il a été choisi de traiter des enjeux simples et forts, que tout le monde peut comprendre : protéger les gens que l’on aime, parler de la famille, de la réunir. On a tout mis en place pour que les héros aient des tas de choses à accomplir pour s’en sortir, des choses difficiles, complexes. Et on s’est assuré que la situation ne soit jamais statique afin que le film ne stagne jamais. Et au final, on obtient un film fort, qui tient la route et qui vaut vraiment le coup d’être vu. Et ça, ça fait plaisir ! Si l’on rajoute à cela des personnages très bien construits et très touchants, c’est vraiment que c’est un bon film.

Malheureusement, tout n’est pas parfait. Je trouve en effet que beaucoup trop de dialogues sont un peu « plats », voire trop explicatifs. Dommage vu la qualité du reste. De même, l’arrivée du chien me paraît un peu trop voulue par les scénaristes pour rajouter du contenu, rallonger un peu le film pour éviter qu’il ne soit trop court. Car fondamentalement : à quoi amène-t-il, ce rebondissement ? Bref, ce ne sont pas des défauts majeurs, ils n’empêcheront probablement pas d’apprécier le film, mais tout de même, ils auraient pu être aisément évités je pense.

Quoi qu’il en soit, voilà, si vous en avez l’occasion, n’hésitez surtout pas à voir le film Dans la Brume, car c’est vraiment un très bon film de genre français et il mérite toute votre attention.

Moi, de mon côté, ce film m’a aussi fait l’effet de voir un Roland Emmerich, sans l’aspect titanesque. Toute la formule y est : le thème de la famille, les personnages pris dans une catastrophe trois fois trop grande pour eux, les évolutions des personnages, les courses contre la montre… Et j’adore Roland Emmerich, alors je ne pouvais qu’aimer ce film.

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Vu : Ready Player One

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Le retour du grand Spielberg ? Je sais pas. Mais en tout cas, c’était vraiment cool !

Il y a un petit moment déjà, au cinéma, je suis allé voir Ready Player One de Steven Spielberg et, quoi qu’un peu déçu, je dois avouer ce que c’est un film qui m’a vraiment beaucoup plu.

Bon, c’est vrai, j’en attendais beaucoup de ce film. C’était le film que j’attendais le plus de l’année d’ailleurs. Loin devant Solo ou Infinity War ou même tout le reste en fait. Spielberg est un réalisateur que j’adore, même si sa grande époque est un peu passée, c’est vrai, et cela faisait longtemps qu’il ne s’était adonné à un film de cette ampleur, avec un sujet aussi grandiose que les films qui ont fait son succès à l’origine. Et du coup, j’étais très curieux de voir s’il allait pouvoir revenir en force et nous offrir une fois de plus ce spectacle génial qui m’a tellement manqué.

Verdict ?

Hum… Pas tellement finalement.

Au cas où vous ne le savez pas, Ready Player One raconte l’histoire d’un futur où quasiment tout le monde joue à un jeu de réalité virtuelle, un genre de MMO idéalisé. Et naturellement, ce jeu représente une fortune colossale. Son créateur est mort sans héritier et a donc laissé, dans le jeu, une chasse au trésor spéciale : le premier arrivé au trésor hérite des droits de propriété du jeu. Bref, devient l’homme le plus riche du monde. Sauf qu’évidemment, des années plus tard, personne n’a jamais trouvé le trésor.

Jusqu’à l’arrivée du héros qui, en bon passionné, va finir par trouver la solution et entrainer ses amis avec lui dans une course contre la montre, car une entreprise maléfique est sur leurs traces et essaie aussi de récupérer le trésor.

Bref, un concept relativement chouette qui promettait d’explorer cette dualité entre le monde réel et la réalité virtuelle, avec une promesse d’aventure rocambolesque hors du commun, d’héroïsme, d’épique tout le tralala… Sauf que voilà, le film ne tient pas toutes ces promesses.

Tout d’abord, il y a un échec relativement cuisant au niveau du traitement des deux mondes… le rapport entre les deux n’est quasiment pas traité du tout. En fait, il est davantage traité dans les cinq premières minutes d’introduction que dans tout le reste du film. Et tout ce qui peut être cliché l’est royalement. Notamment au niveau des personnages secondaires… dont rares sont ceux qui sont réellement développés. Je trouve aussi que Spielberg ne passe pas assez de temps à explorer les possibilités de son monde et à nous faire rêver sur celui-ci… Dommage dans la mesure où j’ai vu Virtual Revolution il y a deux ans qui, malgré ses maigres moyens, traitait infiniment mieux le sujet…

Autre souci, ces constantes références à toute la culture pop. Alors, attention, c’est le principe du film et je ne suis pas en train de dire que c’est gênant. Le problème que, visiblement, la culture pop s’est arrêté en 2010… voire même avant. Mais aussi que ces références sont malheureusement limités par les références dont Spielberg pouvait disposer légalement. Résultat, exit Nintendo, exit Star Wars, exit le MCU etc, etc. Et ce sont tout de même de très gros morceaux.

Il y a un autre problème dans le film : la voix-off. Elle est juste inutile et horrible. Elle n’a aucun style, aucune forme, aucun intérêt, ne fait que décrire ce qui est évident ou balancer des platitudes (c’est celle du héros…). Elle en devient carrément gênante en fait.

Il y a aussi un souci au niveau de l’univers et de certaines choses qui ont été rajoutées, mais qui ne servent à rien. Comme par exemple… la résistance. Elle apparaît, on ne sait pas ce qu’elle représente pourquoi, comment, et hop, elle disparaît…

Et puis, enfin, malgré toute sa bonne volonté, Spielberg ne s’est pas débarrassé de son côté sentimalo-mièvre et ça nous donne donc une fin avec un petit discours moralisateur tellement ridicule qu’il en perd toute crédibilité. Sincèrement, il fallait l’oser…

Donc oui, ça fait vraiment pas mal de choses à reprocher à Ready Player One. Et pourtant, pour tout le reste, c’est un film vraiment très, très cool. Il est épique à souhait, il est super bien filmé, les références qu’il utilise sont vraiment bien gérées, bien utilisées et donneraient presque envie de participer au jeu… En bref, c’est un film cool, grandiose, comme on en fait plus depuis longtemps. Et franchement, malgré ses défauts, j’ai passé un vrai super moment !

Toute la partie sur The Shinning est vraiment bien menée et joue avec les références culturelles à merveille. Il y a de superbes idées de mise en scène. L’ensemble à une gueule incroyable. Et franchement, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un film de cette ampleur ! Alors vraiment, je pense que c’est un film que je reverrai avec plaisir.

Mais malheureusement, ses défauts sont trop nombreux et trop important pour être ignorés et pour me transporter totalement. Et du coup, là encore, je reste un peu sur ma faim. C’était chouette, mais ça ne m’a autant transporté que ça aurait dû et je l’avoue, du coup, je suis déçu. J’en attendais plus… Je suis en manque de film de grande ampleur…

Vu : Hostiles

Hostiles

Je sens bien que toute la force du film était dans le dernier plan, mais je crois que l’auteur a oublié de nous raconter pourquoi.

Voilà, il y a un moment déjà, je suis allé voir Hostiles de Scott Cooper et c’était pas mal, mais trop long à mon sens.

Au cas où vous ne le sauriez pas, Hostiles est un western qui raconte l’histoire d’un colonel, interprété par Christian Bale, à qui l’on confie la mission d’escorter un chef amérindien mourant et sa famille depuis la prison où il était retenu captif jusqu’à la terre sacrée de ses ancêtres. Là où cela pose problème au héros, c’est que lui-même est un fasciste qui a tendance à considérer les amérindiens comme des brutes sanguinaires, des animaux, et pire encore, qui a combattu ledit chef lorsque celui-ci a affronté les forces américaines ; et il lui en veut personnellement pour la façon dont il a tué ses camarades.

Du coup s’entame un long périple le long de la Frontière, au bord de la civilisation, du Sud vers le Nord, un long voyage périlleux qui va permettre aux deux hommes d’apprendre à se connaître et à s’apprivoiser l’un l’autre au fur et à mesure des épreuves qu’ils vont traverser.

En elle-même, je trouve l’idée géniale et hyper intéressante et c’est d’ailleurs cela qui m’a donné envie de voir le film. Il y a un vrai discours, non pas sur la culpabilité des américains envers les amérindiens ou de diabolisation de l’un ou l’autre, ce sont juste deux personnages, deux guerriers qui ont un lourd passé sanglant en commun et qui vont simplement apprendre à se pardonner l’un l’autre et à tenter de passer à autre chose.

C’est aussi une exploration de l’être humain aux limites de la civilisation : ils sont à la Frontière, où l’on croise les sauvages… qui ne sont pas toujours ceux auxquels on pourrait s’attendre. Bref, un western particulièrement intéressant, qui ne se limite pas aux histoires habituelles et qui utilise vraiment bien son décor.

Mon souci avec le film, c’est qu’il est trop long, trop lent. A bien y réfléchir, je me rends compte qu’il ne se passe pas grand-chose. Les héros font en tout et pour tout face à 4 événements et le film dure plus de deux heures. Il y a un petit souci dans l’appréciation des distances, car on ne sait pas toujours bien où ils se trouvent par rapport à leur objectif final et on peut donc se dire, quelque part, qu’ils n’y arriveront jamais vraiment (ce qui serait un concept royal soit dit en passant).

Mais le souci que j’ai réellement avec le film, en fait, c’est la gestion des personnages secondaires et la gestion des événements du film vis-à-vis de la progression du personnage principal.

Tout d’abord, les personnages secondaires, à l’exception de Rosamund Pike, n’ont tout simplement presque aucune personnalité notable. Ils se contentent un peu d’être là et d’avoir des échanges plus ou moins brefs avec les autres. Quand ils meurent, tout le monde s’en fout, et ils sont d’ailleurs nombreux à se relayer aux côtés du héros pour mener cette escorte à son terme, et ne se différencient pas tant les uns des autres. Résultat : je ne sais pas bien comment ils s’appellent, ce qu’ils cherchent, qui ils sont… et je m’en fiche. Il leur arrive des choses, mais franchement, je n’en ai rien à faire.

L’autre souci, c’est la façon dont les événements impactent le héros et lui apprennent à avancer dans la vie. En fait, on a l’impression que quasiment rien ne le touche. Il est tellement renfermé sur lui-même, il s’exprime si peu sur ce qu’il pense, qu’on ne voit pas bien comment tel événement va l’amener à réfléchir, à se poser des questions ou quoi que ce soit. Je ne dis pas qu’il reste stoïque face à tout cela, mais j’avoue que j’ai du mal à saisir comment il passe de ce qu’il est au début à ce qu’il est à la fin.

Et quand j’ai du mal à saisir le personnage ou son évolution, c’est que j’ai du mal à m’immerger dans l’histoire. Et si les personnages secondaires ne m’aident pas davantage, ça devient d’autant plus problématique. Résultat, malgré de belles intentions et un beau concept, j’avoue que j’ai fini par trouver le temps long devant ce film.

Vu : Un Raccourci dans le Temps

un raccourci dans le temps

Là, vraiment, je ne vois pas l’intérêt de ce film…

Il y a quelque temps déjà, au cinéma, je suis allé voir Un Raccourci dans le temps de Ava DuVernay et je vais être cash : le film est tout simplement mauvais.

Ce film est très étonnant à bien des égards. Jusqu’à présent, Disney nous avait plutôt habitué à une certaine qualité depuis quelques années et c’était donc avec une certaine curiosité que je suis allé voir ce film. Malheureusement, le résultat n’est tellement pas au rendez-vous que j’ai en réalité l’impression d’avoir vu une pale tentative de copie de Disney qui disposait de budget pour ses effets spéciaux. Il y a tellement d’erreurs dans le film que j’ai vraiment du mal à savoir par où commencer.

Tout d’abord, sachez-le, Un Raccourci dans le temps est un film pour enfant. Mais vraiment pour enfant. Contrairement aux autres films Disney qui s’évertuent toujours à offrir des dimensions intéressantes à toute la famille, ce film-là ne cherche à parler qu’aux enfants et à personne d’autre. Tout dans les personnages, leur façon de réagir, le thème de l’histoire ou encore l’univers ne peut vraiment parler qu’aux enfants. N’importe quel adulte, même avec un certain penchant pour les enfantillages, comme ça peut être mon cas, se retrouvera déconcerté par l’absence de recherche de crédibilité du film.

Et pourtant, c’est un film pour enfant qui passe son temps à faire appel à des concepts de physique théorique de haut niveau… Cherchez l’erreur. Je ne vois franchement pas ce que les enfants peuvent comprendre dans ce film. Comme voulez-vous qu’ils s’identifient à des personnages qui leur parlent d’intrication quantique, de théorie des cordes etc. Mais allons plus loin dans le problème : Un Raccourci Dans Le Temps ne se contente pas de parler de physique théorique à des enfants, le film y ajoute une dimension de mièvrerie à vomir ! Le film met en fait au même niveau des théories scientifiques extrêmement complexes et le fait que l’amour est plus fort que tout, par exemple. Et du coup, ça crée un décalage auquel je ne crois pas une seule seconde.

Pour prendre un exemple, les personnages voyagent grâce à ce fameux raccourci dont parle le titre. L’idée est qu’un scientifique aurait découvert qu’on a simplement besoin de se brancher sur la bonne fréquence pour créer une sorte de passage entre un point A et un point B quelle que soit la distance qui les sépare dans l’univers. Et hop ! On voyage. Pourquoi pas, tout cela est très science-fiction et j’ai vu bien pire comme explication. Le problème ? C’est que la fréquence en question, c’est évidemment l’amour ! Parce que l’amour est une fréquence, c’est bien connu. Et puis finalement, le film finit par nous expliquer qu’il faut combattre le mal en lavant le cœur des gens et… Quoi ?

Non, sérieusement, ce mélange de science très réelle et de magie des sentiments mièvre ne fonctionne pas du tout. Et ce n’est même pas le seul souci du film.

Si vous voulez tout savoir, l’histoire traite donc d’une gamine, dont le père, scientifique qui propose la théorie dont j’ai parlé, a disparu on ne sait trop comment. Depuis la disparition de celui-ci, elle ne travaille plus vraiment en cours alors que c’est une surdouée. Et ses problèmes sont d’autant plus importants que son petit frère (adopté juste avant la disparition du père) est lui-même surdoué et marginal et qu’elle doit donc s’en occuper.

Jusqu’au jour où débarque des genres de fées cosmiques (vraiment, je ne vois pas trop ce que ça peut être d’autre) qui portent des noms ridicules uniquement pour pouvoir faire des jeux de mots stupides et pas drôles. Ces fées lui expliquent alors qu’elles ont suivi la piste d’un message envoyé vers elle, probablement émis par son père et qu’en remontant celui-ci dans l’autre sens, elle pourra le retrouver. Notre héroïne part donc à l’aventure, accompagné de son petit frère et d’un pote amoureux d’elle, poussé à les rejoindre par la destinée (comprendre : les scénaristes) parce que, je cite, ses talents de diplomatie leur seront utiles.

Bonne nouvelle, elle finit par retrouver son père, résister aux mauvaises ondes qui menacent de détruire l’univers et son copain ne sert finalement à rien du tout… Mais vraiment à rien, je ne comprends toujours pas pourquoi ils l’ont embarqué avec eux à part pour donner la réplique à l’héroïne dans une scène ou deux.

Les personnages des fées s’avèrent parfaitement inconsistants, tout comme la plupart des personnages qu’ils croisent au cours de leur périple. Les aventures traversées n’ont d’ailleurs pas plus de lien entre elles que ça et ne mettent pas réellement à l’épreuve les enfants sur leurs défauts par exemple. On pourra d’ailleurs aussi remarquer qu’un personnage hyper intéressant, la gamine qui harcèle l’héroïne à l’école et qui aurait eu le plus à apprendre de ce voyage, n’y participe tout simplement pas.

Mais bon, de toute manière, dans cet océan de bons sentiments pris au pied de la lettre, quelle importance ?

Bref, ce film n’est vraiment pas bon et je ne vois même pas quel intérêt il peut avoir pour son public cible : les enfants. Je ne le recommande en aucun cas et je vous conseillerai même plutôt de fuir le film à tout prix.

Vu : Tomb Raider

Tomb Raider

Voilà un film qui, à ma grande surprise, avait un formidable potentiel… malheureusement inexploité…

Il y a quelques temps, au cinéma, je suis allé voir Tomb Raider de Roar Uthaug et franchement, j’ai trouvé ça mieux que ce à quoi je m’attendais, même si, soyons honnête, ça casse pas des briques non plus.

Alors, pour ceux qui ne le sauraient pas, ce nouveau film Tomb Raider est l’adaptation du dernier jeu Tomb Raider, qui était lui-même un reboot plutôt intéressant de la saga. Le film, tout comme le jeu, n’a donc plus rien à voir avec la version « Angelina Joly » du personnage. Loin de la bombasse héroïne de film d’action, on nous propose cette fois une version plus modernisée, plus recherchée du personnage et finalement, je trouve, bien plus sympa !

Dans ce reboot, donc, Lara Croft est toujours l’héritière de la très riche famille anglaise Croft. Pourtant, alors que l’immense fortune de son père lui revient de droit depuis que son père a disparu, Lara se refuse à signer les papiers qui lui donneraient accès à celle-ci. De fait, Lara est dans le déni et refuse de croire, malgré toutes les années passées, que son père est mort : elle attend toujours désespérément son retour et s’inscrit donc en rébellion vis-à-vis de sa tutrice qui voudrait la voir passer à autre chose.

Lara, plutôt que de profiter de sa formidable fortune, se retrouve donc à vivre dans un appartement miteux, à travailler comme coursière pour payer ses factures et joue les casse-cou à la boxe ou sur un vélo pour se défouler. Jusqu’au jour où sa tutrice parvient à la convaincre d’enfin venir signer les papiers qui lui permettront de toucher son héritage…

Mais au moment de signer, elle découvre que son père lui a en réalité laissé un message, dans lequel il explique qu’il est parti à la recherche du tombeau d’une impératrice japonaise qui aurait été une sorcière meurtrière. Alors que le message stipule clairement que Lara doit détruire toutes ses recherches afin que celles-ci ne tombent pas entre de mauvaises mains, Lara y voit surtout une piste pour retrouver la trace de son père et part donc à l’aventure pour retrouver celui-ci !

Voilà, en gros, quel est le sujet de ce nouveau Tomb Raider. Et, vous l’aurez donc compris, c’est un film qui traite, non pas vraiment de tombeaux maléfiques… mais du deuil, tout simplement. Et c’est d’ailleurs un thème récurrent pour l’essentiel des personnages. Son principal allié dans l’aventure est d’ailleurs lui aussi à la recherche de son père disparu, quoi qu’il réagisse très différemment à cet abandon.

Et d’ailleurs, tout le film tourne autour de cette idée, du refus de Lara d’accepter la disparition de son père. Même toute la mythologie autour du tombeau traite de la mort. Et très honnêtement, je ne m’attendais pas à une telle intelligence de la part de ce blockbuster ! Le personnage de Lara Croft, contrairement aux opus précédents, devient ainsi un personnage beaucoup plus construit et beaucoup plus humain, beaucoup plus appréciable ! Ses alliés sont tout aussi intéressants et je l’avoue, ce méchant est plutôt pas mal non plus du coup !

De même, l’histoire est plutôt chouette à suivre dans l’ensemble, l’aventure nous emporte réellement « ailleurs » et les scènes d’actions ou de tension sont tout simplement très réussies en termes de réalisation. En somme, donc, je suis assez surpris du résultat. Le film est plaisant à voir, cherche à traiter un sujet vrai et touchant… Franchement, si tous les blockbusters avaient cette démarche-là, ce serait super !

Sauf que, le problème, c’est que les bonnes intentions ne gomment pas vraiment les grosses lacunes. Car malgré ses qualités, le film souffre d’un énorme défaut : il ne prend jamais le temps d’installer ses intrigues.

Je m’explique.

Dans le film, Lara va rencontrer tout un tas d’obstacles, faire tout un tas de découvertes et apprendre plein de choses sur elle-même… Mais à aucun moment il n’y aura du mystère, à aucun moment il n’y aura de doute, à aucun moment il n’y aura d’échec. Etrange, non ?

La raison à cela est assez simple : le film, chaque fois qu’il fait apparaître un nouvel élément, le traite immédiatement. Elle voit une ombre apparaître sur l’île et pense reconnaître son père ? La question est réglée dans la scène même. On ne nous laisse pas le temps de douter avec elle, de s’interroger sur cette présence, de créer de l’espoir en elle ou quoi que ce soit. Immédiatement vu, immédiatement traité. Aucune construction dramatique sur le long terme, aucun set up, aucun pay off. Idem pour ce qu’ils découvrent finalement dans le tombeau : ils ne le découvrent finalement que dans le tombeau lui-même. Rien, avant cela, ne laisse supposer qu’il existe une autre version de l’histoire, une autre façon d’interpréter les choses. Ça aurait pourtant été un super mystère à traiter ! Mais encore une fois, aucun set up, aucun pay off. Et cela vaut pour absolument tous les aspects du film.

Le méchant lui envoie quelqu’un pour la tuer ? La confrontation a lieu dans la scène suivante. Lara doit ouvrir la porte du tombeau ? Elle y parvient dans la scène même. Lara doit s’échapper ? Elle le fait immédiatement. Etc, etc.

Bien entendu, ce n’est pas aussi simple que cela, et l’histoire l’amène à être en difficulté à de nombreuses reprise et la force à revenir en arrière. Mais globalement l’effet est là. Tout aurait pu être génial, si seulement les scénaristes avaient pris la peine de préparer les choses en amont, comme n’importe quel auteur se doit de le faire.

C’est pour moi une erreur un peu impardonnable qui gâche presque tout l’intérêt que l’on peut porter au film. Même s’il lui reste encore suffisamment de qualités pour qu’on passe tout de même un bon moment en le regardant.

Quoi qu’il en soit, de votre côté, n’oubliez jamais, surtout : set up, pay off.

Vu : La Forme de l’Eau

La_Forme_de_l_eau

Le fantastique, ça prend du temps…

Il y a un certain temps déjà, au cinéma, je suis allé voir La Forme de l’Eau de Guillermo del Toro et, si le film est beau et bien fait, je n’ai pas vraiment accroché non plus.

Je vais commencer par dire que oui, c’est un bon film. J’ai apprécié le voir et je pense qu’il plaira à l’essentiel des personnes qui le verront. La réalisation de Guillermo del Toro est léchée, les images sont toutes belles et nous plongent (cas de le dire) facilement dans l’univers du film, tous les acteurs sont formidables, la musique est belle… Bref, au bout d’un moment, quand on commence à rassembler autant de qualités dans un même film, c’est que quelque part, ça mérite un peu tous ses oscars.

Quant à l’histoire, eh bien elle fonctionne, aucun doute là-dessus. Les personnages sont tous bien construits, intéressants, ont quelque chose à défendre, ne sont pas de simples noms ou fonction. Les événements se déroulent avec logique et intelligence, les rebondissements sont nombreux, les scènes de tension fonctionnent et la poésie aussi. On pourrait donc presque dire que tout est réussi ! Et pourtant, oui, je n’ai pas vraiment réussi à m’immerger (cas de le dire) complètement dans le film et je n’ai pas ressenti l’émerveillement auquel je m’attendais. Allons même plus loin : certaines choses m’ont vraiment gêné dans le film.

Alors, reprenons depuis le début.

La Forme de l’Eau raconte l’histoire d’une femme de ménage muette qui travaille au centre spatial dans les années 60, en pleine guerre froide. Un jour, on lui demande de nettoyer une salle dans laquelle des scientifiques mènent une expérience top secrète sur une créature aquatique récupérée au fin fond de l’Amazonie. Rapidement, elle va se lier d’amitié avec la créature et chercher à l’aider à se tirer de là.

Comme le spécifie le narrateur au début du film, c’est un conte. Et dans l’ensemble, je l’ai dit, cette histoire fonctionne, fait sens et touche assez aisément le spectateur. Pourtant, personnellement, je n’ai pas non plus été transporté d’émotion et les personnes avec qui j’ai pu en parler non plus. Il manquait quelque chose dans le film, quelque chose pour nous impliquer complètement et totalement dans cet univers.

Et en y réfléchissant, je me suis rendu compte que ce qui me manquait le plus, c’était l’aspect « fantastique » du film. Alors même que, clairement, c’est une histoire qui appelle à l’émerveillement, à la découverte, à l’étrange… je n’ai rien ressenti de tout cela ! Et pour cause, le film va beaucoup, beaucoup trop vite. Il ne prend pas le temps d’installer son propos, son ambiance.

Je m’explique.

Le fantastique, c’est la confrontation de notre monde, tel que nous le connaissons, avec un événement ou un phénomène extraordinaire, paranormal. Il y a cette idée de choc entre ce que nous croyons connaître et le phénomène qui apparaît dans l’histoire et qui vient tout contrebalancer. Pour que le fantastique fonctionne et paraisse crédible, il faut donc laisser au spectateur le temps d’assimiler ce choc, de comprendre que l’événement qui est en train de se produire est effectivement extraordinaire, incroyable, même pour les personnages.

Et justement, c’est le travail que La Forme de l’Eau ne fait pas. L’héroïne est quasiment tout de suite plongée (cas de le dire) dans l’étrange et l’accepte immédiatement. Il y a une brève scène de stupeur avec la première apparition de la créature, puis, ensuite, l’aspect fantastique des choses est immédiatement assimilé et devient parfaitement naturel. Et même si cela n’empêche pas de suivre l’histoire, on perd nécessairement tout une dimension émotionnelle et il devient plus difficile d’appréhender l’univers du film.

Si je devais le comparer à un autre film qui poursuit globalement le même schéma narratif et s’inscrit dans le même genre, je comparerais La Forme de l’Eau à E. T. L’extraterrestre de Steven Spielberg. Dans E. T., le film prend le temps de nous introduire à la créature qu’il met en scène. Eliott met du temps et plusieurs rencontres effrayantes avant de seulement chercher à en savoir plus. Et il lui faut encore du temps ensuite pour s’accoutumer à la présence de l’extra-terrestre chez lui. Ensuite, il y a aussi un temps d’adaptation pour chacun des autres personnages et la créature reste cachée aux yeux du monde jusqu’à la fin ou presque. Tout cela contribue à souligner l’extraordinarité du phénomène.

Dans la Forme de l’Eau, l’héroïne n’est pas la première à découvrir la créature, puisque tous les scientifiques connaissent déjà celle-ci et qu’elle représente quelque chose de tangible et de normal dans leur univers. Elle-même ne met pas longtemps à l’accepter comme réelle et à aller vers elle sans la moindre difficulté. Et enfin, même ses amis, extérieurs au projet secret, sont mis au courant rapidement de l’existence de la créature et l’acceptent trop facilement.

Résultat, à aucun moment on nous laisse nous émerveiller de la présence d’une créature aussi incroyable dans le film et très vite on oublie donc que c’est un phénomène vraiment pas naturel.

Et ça, à mon avis, c’est le principal défaut du film. Car dans un film de ce genre, il aurait fallu beaucoup insister sur cela pour nous plonger réellement dans l’univers. Et finalement, à ce titre, l’imagerie trop léchée de Guillermo del Toro ne contribue pas à rendre le monstre si extraordinaire non plus.

Mais allons plus loin : l’histoire d’amour entre l’héroïne et la créature… je n’y ai pas cru non plus. Et plus encore, cela m’a même gêné.

Tout d’abord, encore une fois, cette histoire va trop vite. Les deux personnages sont immédiatement intéressés l’un par l’autre malgré l’étrangeté de la situation et on ne prend pas vraiment le temps de nous montrer ce qui les rassemble réellement. Elle le dit à un moment : c’est la seule personne qui ne la regarde pas comme une idiote à cause de son handicap. Mais à aucun moment on ne prend la peine de nous montrer comment les autres la regardent, en quoi ça la gêne. Résultat, on ne peut pas ressentir cela avec elle.

Néanmoins, c’est un autre aspect qui m’a gêné dans cette histoire. La créature est certes intelligente, mais elle n’est jamais pour autant présentée comme une personne mature ou éduquée. En réalité, c’est même plutôt l’inverse. Elle a les réactions et le comportement d’un enfant qui découvre le monde. Et c’est là qu’à mon sens, la relation devient glauque : j’ai clairement l’impression que l’héroïne profite de l’esprit influençable de la créature… Ce qui n’est tout de même pas top, avouons-le.

Et du coup, malgré beaucoup de qualités indéniables… le film ne fonctionne pas complètement, n’emporte pas totalement, ne transcende pas. Et du coup, je reste sur ma faim.

Alors oui, effectivement, je ne suis pas vraiment fan de La Forme de l’Eau, même si je pense que ça reste un bon film quoi qu’il arrive.

Vu : Le Retour du Héros

Le retour du héros

Encore une fois la preuve que les bonnes idées ne font nécessairement de bons films.

Il y a quelques temps, au cinéma, je suis allé voir Le Retour Du Héros de Laurent Tirard et j’ai été très déçu par ce film qui me semble plus être une copie de travail qu’autre chose.

A la base, le film m’attirait beaucoup. Le concept de base, en effet, était plutôt chouette et promettait une histoire assez intéressante. Mieux encore, la bande annonce m’avait bien fait rire. Bon, je ne suis pas un grand fan de Jean Dujardin et Mélanie Laurent, mais il y avait du potentiel.

Et puis finalement, il n’y avait un peu que ça : du potentiel.

Si vous ne le savez pas, Le Retour du Héros se situe au début du XIXème siècle, sous Napoléon Ier. Jean Dujardin incarne le capitaine Neuville, un membre de l’armée impériale, coureur de jupons, qui profite de son rang pour demander la main d’une fille de bonne famille de la région. Sauf que, le jour de sa demande, il est en réalité appelé à la guerre. Il promet d’écrire tous les jours, mais n’en fait rien et sa bien-aimée dépérit en attendant de ses nouvelles.

Pour éviter qu’elle ne sombre totalement dans la dépression, la sœur de la jeune femme, Isabelle, jouée par Mélanie Laurent, décide d’écrire à la place du capitaine. Mais très vite, elle se prend au jeu et invente tout un tas d’aventure au personnage de Neuville qu’elle a créé, puis le tue héroïquement dans une dernière lettre pour éviter que ça n’aille trop loin.

Le problème, c’est que trois ans plus tard, le vrai Neuville revient, pas mort du tout et devenu clochard après avoir déserté. Isabelle essaie de le virer, mais apprenant qu’il est le héros du village, Neuville décide en fait de rester et de profiter de sa renommée pour avoir la belle vie.

Alors oui, du coup : le principe de l’histoire était chouette. Il s’agit de conserver un mensonge honteux pour Neuville afin d’avoir la belle vie. Et pour Isabelle, il s’agit de trouver un moyen de le virer au plus vite sans dévoiler que c’est elle qui a écrit toutes les lettres. Il y avait de quoi faire une bonne comédie, avec plein de rebondissements, du rythme etc.

Et je ne vais pas vous mentir, j’ai ri. Certains gags sont effectivement très drôles et certaines situations bien exploitées. J’aime d’ailleurs beaucoup les tous derniers plans. Il n’empêche que, ça ne va pas plus loin, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, les personnages ne sont pas toujours très consistants et leurs motivations par très réalistes. Pour commencer, par exemple, Isabelle agit à plusieurs reprises de manière totalement hors de propos pour son personnage. Il y a un moment où elle va voir Neuville, déterminée à lui faire un ultimatum ou à tout révéler sur le mensonge… Et finalement, elle décide de l’aider de peur qu’on dévoile son mensonge ? C’est un peu bizarre. Il y a aussi des moments où le personnage pète un câble sans raison. Il y a un moment où elle est prête à le laisser mourir dans un duel, mais après, elle fait tout pour le sauver ? D’ailleurs, comment ne pouvait-elle pas savoir que l’armée tuerait Neuville si on se rendait compte que c’était un déserteur ? Non vraiment, trop d’inconsistance dans le personnage.

Neuville est un peu mieux maîtrisé, parce que plus simple. Mais quand le final arrive, il se met là aussi à agir de manière totalement incohérente avec son personnage, juste pour justifier un dernier rapprochement avec Isabelle…

Le souci avec ces personnages qui agissent plus pour faire avancer le scénario dans le sens souhaité qu’autre chose, c’est que j’ai vraiment du mal à m’identifier à eux, puisque je ne vois pas trop où ils vont et puisqu’ils agissent de manière totalement incohérente dans certaines situations. Et si je ne m’identifie pas à eux, je ne peux pas vraiment apprécier ce qui leur arrive. Je ne crois pas à leur histoire. Je peux seulement en rire, et encore.

Un autre problème, à mon avis, est que la situation, très intéressante, qui fait le concept du film, est en fait très vite désamorcée parce que les deux personnages s’allient plus ou moins. Du coup, toute la menace d’exposition du secret s’envole pendant une partie du film et Isabelle ne cherche même plus à chasser l’homme… Il y avait mille façon de jouer avec cette situation, et finalement, celle-ci n’existe que très peu dans le film. Pourquoi, alors, en avoir fait tout un plat ? Quand tout votre concept repose sur le maintien d’un secret, la moindre des choses, c’est d’en faire l’enjeu principal du film, non ?

En fait, j’ai vraiment l’impression que ce film est une version non finale du scénario. Ils avaient l’idée, mis des rebondissements un peu au hasard, histoire de voire où ils pouvaient emmener l’histoire. Mais au lieu d’essayer d’améliorer le tout pour mieux jouer avec le sujet, ils ont gardé cette copie inachevée et l’ont filmée. Et vraiment, du coup, c’est beaucoup moins bien que ça aurait pu l’être.

Et puis, il y a aussi un autre truc qui m’énerve… MAIS POURQUOI LES PERSONNAGES PARLENT COMME CA BORDEL DE MERDE ?

C’est pathétique, mais à chaque fois qu’on fait un film d’époque en France, il faut que les personnages parlent comme s’ils étaient dans un bouquin de l’époque en question. Et du coup, il n’y a AUCUN naturel dans les dialogues, parce que le langage est trop littéraire, trop soutenu pour faire vrai. Et pire encore, tous les acteurs récitent plus leur texte qu’ils ne le jouent, parce que du coup, ils ont pas grand-chose de « vrai » à jouer.

Et qu’on ne me dise pas que c’est pour donner un aspect « d’époque ». Le français que l’on parlait à l’époque de Napoléon était tout simplement TRES différent du français d’aujourd’hui et, soyons honnête, si on mettait vraiment le français de l’époque en scène, on n’y comprendrait probablement plus rien.

Non, à l’époque, le français était effectivement différent, mais les gens parlaient NORMALEMENT, dans ce français-là. Ils utilisaient les formules d’usage et ne balançaient pas des répliques littéraires à chaque fois qu’ils ouvraient la bouche ! Ils parlaient comme tout le monde. Et du coup, le meilleur moyen de nous plonger dans l’époque, c’est bien d’utiliser le français d’aujourd’hui, tel qu’on le parle aujourd’hui (en virant quelques mots anachroniques du genre « téléphone »). Parce que comme ça, on aura vraiment l’impression que les gens parlent normalement et sont des personnes réelles, pas des réciteurs littéraires.

Cette manie m’énerve vraiment parce qu’elle fait sonner tous les personnages « faux ». Et du coup, elle ne contribue pas du tout à les rendre « réels » à nos yeux. Ça créé un décalage qui n’est pas bienvenu. Et dans un film qui est déjà bien maladroit, c’est encore plus dramatique.

Bref, n’allez pas voir Le Retour du Héros, il y a bien mieux à voir au cinéma en ce moment.

Vu : Black Panther

Black Panther

Marvel est-il prêt à sortir de sa phase d’autodérision systématique ?

Voilà, il y a quelques temps, je suis allé voir Black Panther de Ryan Coogler et franchement, franchement, c’était vraiment bien.

Bon, les Marvel, ça fait un moment qu’on en parle, un moment qu’on en voit, et un moment que ça rapporte très très gros au box office aussi. Il n’y a pas eu que des bons films dans la saga, il faut bien le dire et certains opus sont mitigés, voire oubliables. Mais le fait est que, depuis quelques temps, depuis Captain America : Civil War, en fait, à l’exception de Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, je trouve qu’il y a vraiment du très bon niveau et que la franchise sait de plus en plus ce qu’elle fait, tout en réussissant une transition qui n’était pas forcément facile pour elle : arrêter de faire des blagues pour se concentrer sur l’histoire.

Je m’explique un peu. Le problème de Marvel, c’est que globalement, les films qu’ils sortent sont de bons films d’action avec plein d’effet spéciaux et de l’aventure assez chouette à suivre. Mais ils passent leur temps, depuis Les Gardiens de la Galaxie, à faire des blagues sur eux-mêmes comme s’ils n’assumaient pas vraiment les histoires qu’ils racontaient. Comme pour dire aux spectateurs : ne vous en faites pas, on sait bien que ces histoires de types qui se battent en collant sont ridicules. Alors, oui c’est fun, mais ça retire aussi toute une dimension profonde à nos super-héros favoris. Et on pourra reprocher ce qu’on veut à DC (surtout ces derniers temps), le fait est que, dans la démarche, ils essayaient au moins de faire apparaître cette dimension essentielle des super-héros.

L’apogée du système Marvel, c’était bien entendu Thor : Ragnarok, qui était super, mais centré quasiment uniquement sur le fun et l’autodérision. Problème : il était vraiment difficile d’aller plus loin dans ce domaine et il fallait impérativement changer ou risquer de devenir un vieux disque rayé et de perdre des clients à mesure que les films avancent.

Mais avec Black Panther, Marvel a enfin fait ce qu’il fallait : la franchise a enfin pris l’histoire au sérieux et a arrêté de faire des blagues à tout bout de champ pour désamorcer les situations et les enjeux. C’est pas parfait, et il y a toujours un ou deux personnages pour faire des blagues, mais on voit tout de suite la différence. Personnellement, j’ai été, je pense, beaucoup plus touché par Black Panther que par Thor : Ragnarok. Et j’avais vraiment adoré Thor Ragnarok, c’est dire !

Donc, dans ce nouvel opus de la saga, on retrouve T’Challa, alias Black Panther, le tout premier super-héros Noir de l’univers Marvel, et qui était déjà apparu dans Civil War. Puisque le roi du Wakanda, le pays de T’Challa, est mort dans Civil War dans l’attentat à l’ONU, c’est donc au tour de T’Challa d’endosser le rôle de roi et de Black Panther, le protecteur du royaume. Sauf que, figurez-vous que c’est pas si facile d’être roi ! T’Challa, alors qu’il poursuit un ennemi du royaume qui échappe depuis longtemps à leur giron, va soudain se retrouver face aux conséquences des erreurs commises par ses prédécesseurs alors qu’un rival va apparaître et tenter de lui ravir le trône… En gros.

Et finalement, ça donne un film d’aventure, d’action, presque de Fantasy même, qui traite autant du poids du passé que du racisme. Car oui, dans l’univers Marvel, le Wakanda, c’est le pays le plus développé du monde… et il se trouve au cœur du continent le plus pauvre. Et du coup, toute la question est : est-ce que ce royaume, qui cache sa véritable nature au reste du monde, ne devrait pas prendre ses responsabilités et venir en aide à ses voisins démunis ?

Dans Black Panther, le héros a une vraie évolution, cette aventure est pour lui une véritable quête initiatrice qui lui permettra de s’élever au-dessus des erreurs de ses prédécesseurs, de comprendre comment s’améliorer lui-même. Au cours de cette quête, il va vraiment souffrir, vraiment subir des revers forts et être confronté à de vrais dilemmes… Et il s’avère que, pour une fois, le film n’essaie pas de tourner cela en dérision et assume totalement la profondeur de l’histoire : tout est traité avec sérieux.

La conséquence de tout ça ? Les enjeux fonctionnent. Le message passe. L’aventure nous prend au corps. Et le tout est d’autant plus cool. En d’autres termes : un bon, un très bon film.

J’aime beaucoup l’imagerie ultra colorée du Wakanda. J’aime la relation que T’Challa entretient avec sa sœur, ou même avec son ex. J’aime beaucoup le personnage de la générale. Et bordel de merde, nous avons enfin un vrai, excellent méchant, qui m’a royalement ému (c’est le cas de le dire), mieux que le Vautour dans Homecoming, mieux que Zeno dans Civil War, beaucoup mieux même. Vraiment, je tire mon chapeau à ce film qui a réussi toutes ces choses qui manquaient terriblement au Marvel Cinematic Universe.

Mon film préféré de la franchise ? Bon, peut-être pas. Je ne sais pas. Il faudrait que j’y réfléchisse.

Parce qu’évidemment tout n’est pas parfait. Bon, déjà, tout le discours antiraciste est un peu simpliste et manichéen, en témoigne notamment la petite pique à l’ONU dans la scène post générique. Sérieusement, quel représentant à l’ONU irait balancer du : « Nan, mais vous êtes bien gentil le Wakanda, mais qu’est-ce qu’un pays de ploucs peut bien apporter au reste du monde, hein ? » ? Et de manière générale, c’est une vision antiraciste très occidentale. Le film s’adresse aux américains après tout.

De la même manière, le méchant a beau être très bon en tant que personnage, en tant qu’antagoniste du film, il l’est un peu moins. En gros, c’est un Black Panther du côté obscur. C’est cool, mais ce n’est peut-être pas par là qu’il faut commencer lorsque l’on veut commencer l’histoire d’un super héros. Le coup du « se battre contre lui-même », c’est pas le meilleur moyen d’en faire un héros justement, ça ne permet pas vraiment de voir en quoi Black Panther est si spécial.

Et puis, il y a tout le côté : beaucoup trop classique. Oui, il faut bien le reconnaître, la structure du film est tellement classique qu’elle en devient presque prévisible. Surtout en ce qui concerne la fin, où clairement, on ne peut pas croire à l’un des rebondissements. Parce bon, faut pas déconner, ça reste un film Marvel. Alors oui, le tout fonctionne bien, mais bon, peut-être auraient-ils pu faire un effort de côté-là.

Il y a aussi le personnage du meilleur ami qui finit par se retourner contre T’Challa : un peu trop rapide et pas assez justifié à mon goût.

Mais ce qui m’a le plus gêné, c’est la bataille finale. Oh, elle est très bien et suffisamment rythmée. Bon, les façons de se battre des Wakandais ne sont pas toutes hyper classes, mais passons. Non, ce qui m’ennuie, c’est que la scène est un peu ridicule par rapport aux enjeux. En gros, il y a vingt personnes contre vingt personnes. Pas de quoi casser la baraque. Alors qu’il y avait clairement moyen de faire une grande bataille épique à ce moment-là. Et puis, il y a un danger sur le monde, il faut arrêter le plan du méchant le plus tôt possible : mais ce danger reste purement spéculatif. Encore une fois, on ne voit pas le méchant causer le moindre tort : les héros l’arrêtent avant. Le problème ? Bah, ça confine un peu l’histoire au Wakanda, alors que le reste du monde était concerné. On est moins pris, moins impliqué dans cette histoire qui avait pourtant le potentiel d’être infiniment plus grandiose.

Vraiment, rappelez-vous toujours : quand vous avez une histoire dont les enjeux impliquent le reste du monde… MONTREZ LE RESTE DU MONDE !

Souvenez-vous des James Bond avec Pierce Brosnan. Dans Goldeneye, on commence par nous montrer l’effet de l’arme. Dans Demain ne meurt jamais, les flottes britaniques et chinoises sont déjà sur le pied de guerre ! Et il y a tant d’autres exemples dans le genre. Il est important, pour que l’on sente le danger, de montrer le danger. Sans quoi, ça reste seulement de l’information pour le spectateur et cela n’a fondamentalement pas le moindre impact…

Donc voilà : tout n’était pas parfait dans Black Panther et ça aurait pu être encore mieux. Mais tout même, ça claque ! Du coup, j’attends Infinity War avec d’autant plus d’impatience !

VU : Le 15h17 pour Paris

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Je crois que j’ai encore jamais vu de film avec des personnages aussi plats et inconsistants… et c’est d’autant plus dérangeant de savoir que ce sont de réelles personnes.

Il y a quelques temps, au cinéma, je suis allé voir Le 15h17 Pour Paris de Clint Eastwood et vraiment c’était nul.

Déjà, à la base, j’étais mitigé par rapport au projet. L’idée de faire un film sur un attentat si récent, c’est toujours un peu délicat, mais le film Vol 93 est génial, alors pourquoi pas ? L’idée de reprendre les véritables personnes impliquées pour jouer les héros de l’histoire était par contre beaucoup plus glauque… mais après tout, Vol 93 l’avait fait aussi, dans une moindre mesure cela-dit. Et puis, c’est Clint Eastwood à la barre. Un réalisateur que j’adore (même si je n’ai pas trop aimé son dernier film American Sniper). Donc je ne savais pas trop quoi en penser et puis on m’a invité à aller le voir, alors j’y suis allé.

Et finalement, mes pires craintes ne se sont pas réalisées. Non, le film n’est pas glauque et étrange à cause de son sujet ou des acteurs principaux à qui l’on a demandé de revivre leur drame. Non, le film est juste nul parce qu’on a oublié un élément essentiel dans le processus de fabrication : raconter une histoire.

Sérieusement, je ne vois pas comment le dire autrement. Je crois d’ailleurs que mon appréciation du film est d’autant plus critique que je suis moi-même auteur et que je peux justement m’imaginer dans la façon dont moi-même j’aurais raconté cette histoire. Je peux voir tout le potentiel narratif qu’il y avait dans ce récit et je ne peux donc qu’être encore plus déçu par ce que j’ai finalement vu.

Et je pense que la première erreur de Clint Eastwood a justement été de choisir, pour acteurs principaux, les véritables personnes ayant vécu l’événement. Parce qu’à mon avis, c’est ça qu’il a totalement bloqué : il a soudain voulu coller à la réalité. Il n’a mis aucune scène qui aurait pu déranger ses acteurs, n’a pas proposé de vision particulière de leur relation qui, du coup, est bien trop idyllique et pas réaliste une seule seconde. Les personnages ne sont à aucun moment mis à nus, ils n’ont quasiment pas d’état d’âme et on se contente de les présenter tels qu’ils apparaissent au monde et non tels qu’ils sont réellement au fond d’eux-mêmes. Résultat, ils sont parfaitement plats et sans intérêt.

Parce que oui, ce qui rend un personnage intéressant, c’est lorsqu’il nous surprend, lorsqu’il dévoile des choses que l’on ne soupçonnait pas sur lui, lorsqu’il revêt soudain une dimension toute nouvelle à nos yeux. Ce qui nous permet d’avoir de l’empathie pour un personnage, c’est de voir ses défauts et les conséquences que ça a sur ses objectifs et la réalisation de ses rêves, de le voir souffrir en fait. Et du coup, dans Le 15h17 Pour Paris, puisqu’on a probablement voulu froisser personne en explorant trop profondément ces personnages, et bien on n’a pas tout ça. Et les personnages en deviennent aussi plats qu’inintéressants.

Alors oui, l’un des trois protagonistes, celui qu’on suit le plus, a une histoire qui vaut effectivement le détour. Il a galéré toute sa vie et n’a jamais pu réaliser son rêve d’entrer dans tel ou tel corps d’armée. De fait, systématiquement recalé, il n’a jamais brillé et s’est toujours retrouvé avec des affectations minables. Et du coup, cet exploit, ce jour où, en fait, il a pris les choses en main et prouvé au monde qu’il était capable de sauver des vies peut sonner comme un accomplissement. Il y avait là une belle histoire à raconter, un beau récit, un beau parcours personnel.

Mais non.

La réalité, c’est qu’on ne le montre pas être si déçu que ça de ses affectations. Les autres n’ont quasiment aucune histoire à raconter. Et finalement tout cela n’a pas d’importance car près de la moitié du film est consacré à la partie la plus inintéressante de leur vie : leurs vacances en Europe.

Oui, vraiment, la moitié du film consiste à suivre trois personnages en train de prendre des selfies devant des monuments Européens et à échanger les dialogues les moins profonds de l’univers. Et la moitié d’un film, c’est très long. Vraiment très long.

Franchement, je ne m’explique pas comment un cinéaste de la trempe de Clint Eastwood a pu penser une seule seconde que ce serait intéressant de centrer le film autour de ce voyage en Europe qui n’apporte rien, mais rien du tout. Sur le plan narratif, c’est un vide total qui s’installe. C’est inadmissible. Aucune évolution de personnages, aucune action qui vaille la peine, rien. On rencontre quelques personnages qu’ils ont croisés et qui ne servent absolument à rien. Ce voyage ne leur apprend même pas des trucs qui pourraient leur être utile pendant l’attentat, non rien.

Et pire encore, ils passent leur temps à se demander s’ils iront finalement à Paris, parce que tout le monde leur déconseille d’y aller. Sans déconner, on sait bien qu’ils vont y aller. Même si on était pas au courant de pourquoi on raconte leur histoire, c’est le titre du film !

Bref, je suis désolé, mais Le 15h17 pour Paris est un mauvais film. Il est mal écrit parce qu’on ne s’est pas donné la peine de respecter des règles de base dans la narration et que, du coup, il devient juste chiant et n’a plus la moindre profondeur. Le pire étant bien sûr qu’il y avait une vraie belle histoire à raconter quelque part, mais que Clint Eastwood est passé à côté de celle-ci, totalement. Franchement, je suis dégoûté.

Alors non, je ne vous conseille absolument pas d’aller voir ce film. Ce n’est pas qu’il est gênant de par la démarche artistique qu’il propose ou le sujet qu’il traite… c’est qu’il est nul, vraiment nul, tout simplement.

Vu : Horse Soldiers

Horse Soldiers

C’est quand même bien fait la propagande américaine, vous ne trouvez pas ?

Il y a quelques temps, au cinéma, je suis allé voir Horse Soldiers de Nicolai Fuglsig et je dois dire que c’était assez fun à regarder.

Au cas où vous ne le sauriez pas, Horse Soldiers c’est l’histoire de comment les américains ont sauvé l’Afganistan, avec seulement douze soldats et des chevaux : parce qu’ils sont trop forts. Non, vraiment, c’est ça l’histoire. On oublie totalement le fait que l’Afganistan est pas du tout sorti l’auberge, ou encore que les Américains faisaient partie d’une coalition internationale, ou même qu’ils ont fini par se retirer en 2014, en laissant le pays se débrouiller seul avec des talibans pas du tout vaincus.

Pour être plus précis, Horse Soldiers raconte l’histoire d’une escouade de douze américains, envoyé dans les régions montagneuses du Nord de l’Afganisan en amont du gros des forces armées alliées et qui avaient pour mission de se rapprocher d’un seigneur de guerre local déjà en guerre contre les talibans, afin de le convaincre de prendre une ville stratégique dans le plan d’invasion de l’OTAN. Cette histoire s’inspire de faits réels et le film célèbre donc l’héroïsme de ces soldats américains qui ont bravé l’adversité pour accomplir leur mission bien plus rapidement que tout le monde ne le croyait possible.

Il n’empêche que, vous aurez le droit à des talibans dépeints comme les grands méchants manichéens pas subtils, des américains héroïques et quasiment sans défauts, et un héros joué par Chris Hemsworth qui va se lier d’une profonde amitié en moins de trois jours avec le seigneur de guerre grand sage militaire qui a plein de choses à lui apprendre, histoire que vous compreniez bien qu’il y avait des gentils Afgans qui avaient vraiment besoin d’être sauvés par l’Amérique.

Mais vous savez quoi ? Le pire, le pire, c’est que ça marche. L’histoire est simple, la mission tout à fait claire pour les spectateurs et les forces ennemies toujours plus dangereuses pour les héros qui doivent tout braver pour accomplir leur devoir. Ma foi, l’amitié entre Chris Hemsworth et le chef de guerre est plutôt réussie et on sent bien la relation de confiance et de respect qui se construit entre les deux. Et à la fin, vous aurez même le droit à un Chris Hemworth qui mène héroïquement la charge à cheval contre des tanks et autres véhicule blindés et qui réussit, contre toute attente, à renverser le sort de la bataille.

Certes, j’ai vu mieux, que ce soit en termes de réalisation ou de scénario, de batailles plus épiques aussi pour vendre l’idéal américain (revoyez le génial Battleship pour vous faire une idée !) et pourtant, il faut reconnaître que ça claque un peu. Quand on est devant un film tel que celui-ci, on est presque prêt à mettre son esprit critique au rencard et à applaudir les valeureux soldats américains qui sont définitivement bien trop forts. Ça donnerait presque envie de tout abandonner et d’aller s’engager dans l’armée pour vivre une vraie aventure héroïque, tient !

Alors voilà, finalement, le film s’arrête, et on rigole bien d’avoir vu cet étalage de propagande pas très subtil. Mais c’est ça que moi, je trouve étonnant avec ce genre de film : c’est que c’est bien fait. C’est que ça fonctionne, que ça ne laisse pas indifférent. On vous met en grande empathie avec l’Amérique et on vous entraine dans le message comme si de rien était. Est-ce que c’est brillant ou dangereux, je ne sais pas.

En tout cas, si vous n’avez pas peur de ce genre de film, Horse Soldiers se défend tout à fait dans le genre et fonctionne plutôt bien. Vous aurez une belle aventure épique à vous mettre sous la dent. Je vous enjoins cependant à rester prudent avec la vision des choses que l’on vous vend. C’est rigolo d’accord, mais ça reste de la propagande, ne l’oubliez jamais.

N’empêche que, bordel, c’était quand même plutôt cool cette charge !